"Les gens ne peuvent plus acheter une maison" : victime de son succès, le village basque d'Espelette confronté au surtourisme
En France, c'est l'un des villages les plus touristiques du Pays basque : la commune d'Espelette, connue pour ses maisons traditionnelles et son fameux piment. Elle est désormais victime de son succès, avec cinq millions de visiteurs annuels pour seulement 2 000 résidents permanents. Alors, comme au Mont Saint-Michel ou au Mont-Blanc, certains militent pour l'instauration de mesures de régulation. Une proposition qui fait débat.
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Avec ses maisons blanches aux volets rouges et ses guirlandes de piment, le village d'Espelette, typiquement basque, est plébiscité par les touristes. "C'est magnifique, les couleurs ici, c'est génial !", assure un homme en visite. "C'est tellement connu Espelette, qu'on en entend parler partout", commente une riveraine. "Il paraîtrait que la vie est belle à Espelette, on cherche quelqu'un pour confirmer justement, mais on ne trouve que des touristes pour l'instant !", s'étonne une troisième passante, qui cherche, en vain, un habitant.
Et pour cause, la commune de 2 000 habitants attire chaque année plus de cinq millions de visiteurs. L'été, les jours de marché, la ville est même obligée d'organiser des parkings de délestage dans des prairies aux alentours. Et dans les ruelles du centre, les boutiques touristiques ont pris le pas sur les commerces traditionnels. "Dans cette rue-là par exemple, il y avait, moi quand j'étais petit, une station-service. Et un petit magasin, là. Ici, c'est un matelassier. Vous voyez, il y avait 3-4 points de vente ici, mais pas plus", nous explique Jean-Charles Dulong, gérant de l'épicerie "Benta Martxalin" et habitant des lieux. Il confirme qu'aujourd'hui "tout" est dédié au tourisme.
Le prix des logements en hausse
Une activité florissante qui profite aux producteurs de piment et fait vivre toute une région. En haute saison, une boutique emploie jusqu'à 15 salariés. "En tant que commerçant, on ne va pas s'en plaindre non plus, parce que c'est notre gagne-pain, c'est ce qui nous permet de payer nos employés et d'avoir un salaire", reconnaît Laurence Chateauneuf, responsable de la boutique "Ttipia".
Une manne financière pour les uns, qui n'est pas sans conséquences pour les habitants. "Les gens du village ne peuvent plus acheter une maison ou s'installer à Espelette. [...] On est victimes du succès, ça déborde un petit peu. Mais il fait quand même bon vivre à Espelette, parce que tout le monde veut y venir", confirme Peio Dospital, habitant d’Espelette (Pyrénées-Atlantiques).
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