On a vu 4 épisodes de la saison 3 de House of the Dragon : : notre avis sans spoilers sur la série HBO
Nous avons pu voir en avant-première les 4 premiers épisodes de la saison 3 de House of the Dragon. Après une saison 2 de préparation, la Danse des Dragons s'ouvre sur un chaos spectaculaire, avant de laisser place à une tension psychologique étouffante. Notre avis sur ce début, sans spoilers.
On nous avait promis du très lourd. « L’épisode le plus fou jamais produit pour la télévision » était-il même annoncé, fin mai, alors que la promotion de la saison 3 de House of the Dragon battait son plein. Une promesse culottée de la part de Ryan Condal, le showrunner de la série, au regard des batailles déjà dantesques auxquelles Game of Thrones nous a habitués.
Cette bataille, les lecteurs et lectrices de Feu et Sang, l’ouvrage qui a servi de base à la série, la connaissent bien. Il s’agit de la bataille du Gosier, une confrontation navale décisive entre la flotte de Corlys Velaryon (faction des Noirs, alliée de Rhaenyra) et la Triarchie, une alliance de cités libres d’Essos (faction des Verts, dans le camp d’Alicent).
Un engagement sanglant, avec 350 litres de faux sang et des millions de litres d’eau pour assurer le spectacle, mais aussi des dragons dans le ciel qui viennent consumer navires et équipages. Beaucoup de morts et des pertes de taille, pour chaque camp, qu’on ne dévoilera évidemment pas ici pour ne pas divulgâcher la surprise de la découverte.
Cette ouverture homérique est aussi une bonne occasion de mettre enfin en avant un personnage à la réputation légendaire : Corlys Velaryon, alias le Serpent de Mer. On dit de lui qu’il est un navigateur émérite : il le démontre admirablement ici, en exécutant des manœuvres périlleuses, sabre au clair. On aimerait ardemment une série qui lui soit dédiée.
Pour la petite histoire, il était pourtant prévu à l’origine de se servir de cette grande bataille navale comme conclusion de la saison 2. Mais HBO a choisi en fin de compte de la décaler de deux ans, pour modérer le budget de la série, et par ailleurs lui consacrer assez de moyens pour qu’elle apparaisse encore plus remarquable à la télévision.
Ce décalage a eu pour effet de bousculer profondément la dynamique de cette première moitié de saison 3, que Numerama a pu voir en avant-première — la série fera ses débuts officiels en streaming à partir du 21 juin 2026 aux États-Unis et du 22 juin en France. Pour la voir, il faudra passer par HBO Max ou via Canal+.
L’intrigue politique reprend ses droits
Et ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée. En lançant d’emblée la suite du récit (qui reprend pile au moment où la saison 2 de House of the Dragon s’était arrêtée, sans la moindre ellipse) avec cette bataille du Gosier, on est directement plongé dans le bain. Et surtout, on a de quoi patienter jusqu’au prochain grand combat.
Car une fois passé ce premier acte où l’hémoglobine est versée à flots, la série rebascule dans tout ce qui a fait le sel de Game of Thrones, du moins à ses débuts : l’intrigue politique. Et c’est effectivement là-dessus que vont se construire essentiellement les trois épisodes suivants, en dessinant les reconfigurations en cours chez les Noirs et les Verts, en attendant la suite.
Si cette bataille du Gosier remplit largement ses promesses de grand spectacle, elle met aussi en lumière le principal défi de ce début de saison : la profusion de visages. Dans ce chaos d’alliances et de trahisons, le spectateur risque parfois de s’y perdre un peu. Qui a rallié qui ? Quelles sont les forces en présence dans chaque camp ?
La géopolitique de Westeros demande une sacrée concentration, surtout après deux ans de pause depuis la saison 2. C’était sans doute un peu plus simple du temps de Game of Thrones, lorsque c’étaient des familles et des clans entiers qui s’opposaient. Dans House of the Dragon, la ligne de fracture traverse littéralement la dynastie Targaryen.
Cette gymnastique mentale sera indispensable pour suivre les allées et venues de la caméra, tantôt à Port-Réal, la capitale des Sept Couronnes, tantôt sur les multiples extérieurs où sont dispersés différents petits groupes : ici Aegon II et Larys Fort, là Gwayne Hightower et Criston Cole, et tant d’autres qui se croisent et changent de lieux. La ligne de front entre les Verts et les Noirs est fluide, les choses bougent.
Des chocs brutaux et de la noirceur brute
Malgré tout, on prend du plaisir à accompagner le destin de ces différents personnages, dont certains connaissent une mort aussi brutale que soudaine, dans la plus pure tradition de GoT. On ne donnera pas les noms, bien sûr, mais deux pertes ont été saisissantes.
L’un des héros s’est fait percer de flèches en pleine mer, une mort aussi stupéfiante que stupide à cause d’un manque criant de jugeote, tandis qu’un autre s’est fait décapiter à peine quelques minutes après son retour à l’écran. C’est sans doute le vrai coup de tonnerre de ce début de saison, car ce personnage avait disparu des radars depuis un moment. Radical.
Source : Numerama — voir l'article d'origine ↗