The Adventures of Elliot: The Millennium Tales : que vaut le Zelda-like de Square Enix ?
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales est le nouveau jeu en HD-2D des créateurs d’Octopath Traveler. En s’inspirant de la formule Zelda, Square Enix entend rendre hommage à tout un pan du jeu vidéo qui a façonné l’industrie.
La HD-2D est un style graphique inventé et déposé par Square Enix pour décrire la direction artistique d’Octopath Traveler en 2018. En combinant des sprites en 2D à des environnements entièrement modélisés en 3D, l’éditeur a donné naissance à une esthétique aujourd’hui immédiatement reconnaissable.
Depuis, les jeux adoptant cette formule ont tous un point commun : des graphismes somptueux et une forte dimension nostalgique. Alors, lorsque Square Enix et la Team Asano — déjà à l’origine des séries Octopath Traveler, Bravely Default et Triangle Strategy — reviennent avec une nouvelle aventure inspirée cette fois directement des Zelda en 2D, l’attente est forcément immense.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales se présente ainsi comme l’héritier à la fois des RPG HD-2D du studio et de quarante ans d’histoire des Zelda-like. Cet enfant assumé, qui sort ce 18 juin 2026 sur Nintendo Switch 2, PlayStation 5, Xbox Series et PC, est un action-RPG pensé pour séduire le plus grand nombre, accessible sans être simpliste et malin à bien des égards. Il pousse également le style HD-2D dans ses derniers retranchements. Reste une question : est-il à la hauteur de ses prestigieux modèles ? Réponse dans ce test.
Points forts
Points faibles
La HD-2D fait encore une fois des merveilles
On ne va pas revenir une énième fois sur le style HD-2D, toujours aussi beau et impressionnant. Pour The Adventures of Elliot: The Millennium Tales, Square Enix et la Team Asano prouvent encore qu’ils maîtrisent cette direction artistique en poussant le genre dans ses retranchements.
La profondeur de champ, les effets de lumière et de particules, les couleurs : tout dans le jeu est composé comme une illustration vivante, avec cette fois des angles de caméra plus libres. Le résultat est particulièrement plaisant lors des cinématiques, où la caméra se déplace, certes timidement, mais juste assez pour dynamiser les cutscenes. Un luxe que les équipes s’autorisent même dans certains segments du monde ouvert, pour le plus grand plaisir des yeux.
Pour exploiter pleinement cette direction artistique, la diversité des biomes est impressionnante, tout comme leur traitement visuel. Déserts, forêts luxuriantes, plaines enneigées, volcans, grottes marines : chaque environnement est traité avec le plus grand soin et apporte une vraie valeur ajoutée à une carte certes réduite, mais dense et riche.
Une ambition artistique avec un twist : la carte et les décors de The Adventures of Elliot se déclinent en plusieurs versions, chacune avec ses particularités, que nous ne vous révélerons pas. Et c’est l’une de ses qualités, autant que l’un de ses principaux défauts.
An Elliot to the Past
Pour lever la malédiction qui pèse sur la princesse Heuria, Elliot, un aventurier accompagné de Faie, une fée qui n’est pas sans rappeler Puck de Berserk, franchira la Porte du Temps et voyagera à travers différentes époques, en s’enfonçant toujours plus loin dans le passé.
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales raconte ainsi une histoire qui se déroule à travers plusieurs âges, et autant de déclinaisons de sa carte principale, mais aussi des lieux de son monde ouvert. La structure est relativement simple : un grand ensemble divisé en plusieurs zones, dont une ville principale. Multipliez cela par le nombre de temporalités dans lesquelles vous devrez voyager, et vous obtenez une carte vaste, mais qui repose finalement sur une répétition de ses environnements, avec peu de véritables variations.
Le problème ici est que les différentes itérations de la carte ne sont pas suffisamment distinctes les unes des autres, ce qui nuit à la sensation d’exploration et, surtout, n’encourage pas vraiment à s’y aventurer. À cela s’ajoutent plusieurs dizaines de grottes à explorer, elles aussi très similaires pour la plupart, ainsi que des collectibles et des épreuves disséminés un peu partout : un monde foisonnant sur le papier, mais rapidement répétitif dans les faits. Et c’est dommage, car la carte en elle-même est bien fichue, et recèle de moments de découverte magiques, de petits raccourcis amusants à trouver et de nombreux chats. Oui, des chats par centaines.
Les quelques zones secrètes accessibles uniquement grâce à des capacités spécifiques servent à dynamiser l’ensemble, et évite à ce monde de devenir redondant. Heureusement, le récit aide également à donner un rythme à l’ensemble, et l’histoire est très régulièrement ponctuée de scènes de dialogues, dont les illustrations des personnages renforcent la dramaturgie, même si cela n’empêche pas l’histoire de rester parfois assez convenue.
Il est vrai que les poncifs du JRPG sont utilisés de manière efficace pour servir la narration, et l’ensemble s’en sort plutôt bien. Mais on aurait aimé davantage de punch dans cette aventure, qui finit par se refermer sur elle-même. Le tout est compensé par un joli final et une galerie de personnages attachants, à condition d’adhérer à la formule du JRPG.
Source : Numerama — voir l'article d'origine ↗