Deux plaisanciers britanniques pris dans un face-à-face tendu avec la marine russe
Après avoir essuyé des coups de semonce tirés par une frégate russe en Manche, deux plaisanciers britanniques ont accosté à Cherbourg. Un incident maritime qui intervient dans un contexte de fortes tensions entre Moscou et les pays occidentaux.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Le Bright Future est finalement arrivé à bon port à Cherbourg. Mercredi 17 juin, les deux occupants affichent un large sourire, mais ils n'imaginaient pas se retrouver au cœur de la bataille navale entre l'Europe et la Russie. Le 16 juin, Jane et Alan Kelvey naviguent entre l'île de Wight et les côtes normandes quand un navire militaire russe leur adresse des coups de semonce. "Ils n'ont envoyé aucune fusée éclairante, ils ne nous ont pas contactés par la radio et la seule chose, ce sont les cinq coups de corne de brume quand on s'est déplacé, puis cinq autres, puis des coups de feu", témoigne Jane. Alan ajoute : "Nous avons juste pensé que nous ferions mieux de partir. On devait prévenir les garde-côtes et on l'a signalé."
Une frégate russe sous surveillance
C'est une frégate, l'Amiral Grigorovitch, qui a tiré. Le navire russe progresse en mer de la Manche depuis plusieurs semaines et il est étroitement surveillé par les marines françaises et britanniques. Cyprien Ronze-Spilliaert, expert défense à l’Institut Thomas More, explique : "Un objectif qui est simple, c'est d'escorter les bateaux de la flotte fantôme russe à travers la Manche parce que les bateaux doivent passer par les eaux territoriales britanniques ou françaises et donc l'objectif, c'est de dissuader le Royaume-Uni et la France d'intercepter, d'arraisonner ces bateaux-là."
Les autorités russes affirment que les coups de feu n'avaient pour seul but que d'éviter une collision. Mais cela survient au lendemain d'un arraisonnement de pétroliers russes par la Royal Navy et au cœur d'un sommet international. "En plein G7, au moment où les Britanniques et les Européens mettent la pression sur Vladimir Poutine, qu'un bateau militaire russe tire des coups de semonce, les experts militaires considèrent que c'est au minimum une manœuvre disproportionnée", précise Étienne Leenhardt, rédacteur en chef du service international de France Télévisions.
Les plaisanciers, devenus un peu stars malgré eux, vont tâcher de vite oublier cet épisode fâcheux en se reposant quelques jours dans le port normand.
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Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗