En Albanie, la colère des "flamants roses" contre un projet immobilier associé à la famille Trump ne retombe pas
Un projet de complexe immobilier de luxe en Albanie, porté par Jared Kushner et Ivanka Trump, le gendre et la fille du président américain, provoque la colère d'une partie du pays.
Depuis deux semaines, la colère monte en Albanie contre ce projet, prévu pour s'implanter dans une zone protégée au bord de l'Adriatique. Ce mouvement porte un joli nom : la révolution des flamants roses. Une référence aux 3 000 oiseaux qui peuplent la lagune sauvage de Narta, dans l'ouest de l'Albanie. C'est dans ce lieu fragile, précieux pour la biodiversité du pays, que le gendre et la fille de Donald Trump, conquis, disent-ils, par la beauté des plages, prévoient de construire pour quelque quatre milliards d'euros, 10 000 villas et un zoo pour cinq flamants roses.
"On veut la démission du Premier ministre" : en Albanie, des manifestants dénoncent la corruption autour d'un projet immobilier lié à Donald Trump
Les écologistes ont été les premiers, il y a deux ans, à alerter sur ce désastre annoncé. La colère prend de l'ampleur : à Tirana, la capitale de l'Albanie, qui se trouve à 150 kilomètres de la péninsule menacée, le gouvernement tente de désamorcer la crise. Le Premier ministre Edi Rama affirme que l'infrastructure est essentielle à l'accueil des touristes. Ils étaient 12 millions en 2025. Le tourisme est une mine pour l'économie de ce petit pays de 2,5 millions d'habitants.
Un mouvement populaire anti-Trump, anti-corruption et pro-européen
Dans les manifestations, on peut voir évidemment des slogans comme "Ivanka, rentre chez toi !" ou bien "L'Albanie n'est pas à vendre". C'est une foule compacte dans laquelle se mélangent des militants écologistes, des locaux et des jeunes qui rêvent d'un autre avenir pour leur pays. Tous ensemble exigent plus de justice sociale, de démocratie, de transparence et ils dénoncent vraiment ensemble la corruption qui ronge l'Albanie et les liens mafieux avec le pouvoir. Les manifestants veulent aujourd'hui le départ du Premier ministre Edi Rama, qui est aux manettes du pays depuis 13 ans.
Ce projet peut-il ralentir l'entrée de l'Albanie dans l'Union européenne ? La Commission européenne a déjà demandé qu'une étude d'impact environnemental soit faite en consultation avec la société civile. La jeunesse albanaise, qui a faim d'Europe, a les yeux tournés vers Bruxelles. Et pour les 27, c'est un sujet prioritaire d'élargir l'Union européenne aux États des Balkans, dont l'Albanie, une zone d'influence convoitée aussi par d'autres grandes puissances comme la Russie et la Chine.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗