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Guerre au Moyen-Orient : en Israël, l'accord entre l'Iran et les États-Unis est fortement critiqué et fragilise la stratégie de Benyamin Netanyahou

L'accord conclu entre Washington et Téhéran est largement perçu comme une victoire de l'Iran dans la classe politique israélienne. Les critiques se concentrent sur l'actuel Premier ministre, Benyamin Netanyahou, qui a fait de la lutte contre la menace iranienne l'un des marqueurs de sa carrière.

Un accord au goût amer pour Israël. Ce protocole d'accord conclu entre les Etats-Unis et l'Iran annoncé, lundi 15 juin, prévoit notamment la fin de la guerre également au Liban. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a lui prévenu que "l'armée israélienne restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une période illimitée". Difficile de savoir si Israel Katz s'exprime au nom de son Premier ministre, Benyamin Netanyahou, qui se mure pour le moment dans le silence ou s'il s'adresse à ses soutiens alors que le pays est en pleine campagne électorale.

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Un retrait sous contrainte des troupes israéliennes du Liban notamment, serait un échec dans la nouvelle stratégie d'expansion qui a été repensé après le massacre du 7 octobre 2023. Benyamin Netanyahou a promis aux Israéliens de redessiner la carte du Moyen-Orient, d'éradiquer ses ennemis aux frontières, quitte à occuper illégalement une partie du territoire souverain des pays voisins.

Un bilan écorné

Si les États-Unis obligent bien les Israéliens à abandonner le sud du Liban, ce serait donc la première fois depuis près de trois ans que les troupes de l'Etat hébreu devraient reculer. Evidemment, ce serait un coup de frein peut être fatal aux ambitions de Netanyahou, d'autant plus que le Premier ministre va devoir, dans les prochaines semaines, défendre son bilan pour espérer être réélu et échapper ainsi à une possible condamnation dans trois affaires de corruption. Ce bilan commence très sérieusement à être écorné. À Gaza, le Hamas est toujours au pouvoir et en cas d'accord signé vendredi à Genève, l'Iran pourrait être renforcé et le Hezbollah au Liban, donc toujours sur pied.

Pour le moment, c'est le silence radio du côté de Benyamin Netanyahou depuis cette annonce d'un projet d'accord. Il n'a jamais endossé ses responsabilités dans le massacre du 7-Octobre, et il est donc peu probable qu'il veuille aujourd'hui incarner un Israël contraint de faire la paix. Pourtant, la pression est très forte depuis lundi matin. Son opposition est unanime et est vent debout. Pour Naftali Bennett, le candidat le plus sérieux à sa succession, l'accord est "un tournant dangereux pour la sécurité du pays". L'ancien Premier ministre Ehud Barak affirme qu'"Israël paie le prix de l'aveuglement de Netanyahou" et que "l'Iran est désormais plus fort". Pour le candidat démocrate Yaïr Golan, "le réveil est difficile pour l'État hébreu". Il évoque "un Premier ministre faible, malade, isolé et sans influence".

Benyamin Netanyahou est aussi critiqué par son extrême droite. Pourtant, au sein même de sa majorité, le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, parle "d'un mauvais accord pour Israël et pour le monde libre". Selon l'autre colon, raciste et suprémaciste du gouvernement Itamar Ben Gvir, "l'accord n'engage pas son Premier ministre". Benyamin Netanyahou, que l'on n'a pas encore entendu, est acculé et pris en tenaille. Il va tout de même, à un moment ou un autre, devoir sortir du silence

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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