INTERVIEW. "C'est une vitrine pour certains activistes" : le patron du renseignement territorial dévoile les menaces qui pèsent sur le G7 à Évian
Sa parole est rare. Alors que le G7 s'ouvre lundi à Évian, Bertrand Chamoulaud indique à franceinfo le risque de manifestations, "violences ou dégradations", notamment liées à la présence de Donald Trump. Le directeur du renseignement territorial constate "un regain de l'antimilitarisme".
"C'est une vitrine, une occasion pour un certain nombre d'activistes de se manifester pendant ce sommet puisque le G7 est un symbole du capitalisme", explique dimanche 14 juin à franceinfo Bertrand Chamoulaud, à la tête de la direction nationale du renseignement territorial. Au total, plus de 3 000 agents sont les yeux et les oreilles de la police sur le territoire. Le renseignement territorial sera très mobilisé sur le sommet du G7 qui s'ouvre lundi 15 juin à Évian (Haute Savoie), sous haute sécurité. Dès dimanche, dans l'après-midi, une manifestation est organisée côté suisse, à Genève, où les habitants gardent en tête les émeutes et les pillages lors du G8 organisé à Évian en 2003.
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Ce sommet du G7 à Évian doit durer trois jours, réunissant les dirigeants des sept pays membres : la France, l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, en la présence de Donald Trump. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participera mardi matin à une session du G7 pour "recréer de la convergence" sur le soutien à l'Ukraine, a indiqué Emmanuel Macron. Il s'agit de la huitième fois que la France accueille le sommet des plus grandes puissances économiques du monde.
Bertrand Chamoulaud, directeur national du renseignement territorial : C'est une vitrine, une occasion pour un certain nombre d'activistes de se manifester pendant ce sommet puisque le G7 est un symbole du capitalisme. Des opposants souhaitent contester, et donc on redoute qu'il y ait des manifestations ou des actions qui viennent tenter de perturber, autour d'Évian, ce sommet, et que nous ayons donc à encadrer des activistes, des manifestants qui potentiellement pourraient commettre des violences ou des dégradations.
La situation transfrontalière d'Évian représente-t-elle une difficulté, avec un risque accru de manifestants ou d'activistes venus des pays voisins ?
C'est effectivement une particularité puisque le sommet, en lui-même, a bien lieu sur le territoire français, à Évian, mais le contre-sommet sera à Genève. Il est envisageable d'avoir des opposants qui viennent de toute l'Europe, des pays frontaliers principalement. Certains vont aller directement à Genève. En revanche, d'autres passeront par le territoire national et c'est là où il y aura un enjeu, justement, de les détecter, éventuellement de les suivre et d'anticiper ce qu'ils pourraient commettre sur le territoire national, avant même de se rendre, pour certains à Genève, voire au retour du contre-sommet et de se retrouver de nouveau sur le territoire national.
"C'est un enjeu particulier puisqu'il faut travailler avec nos homologues des services suisses, mais également avec des services de renseignement d'autres pays."
Nous échangeons sur la capacité de certains groupes, certaines mouvances ou certains individus à se déplacer et venir sur le territoire national.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗