Le Parlement européen adopte une réforme de l'immigration qui autorise la création de "hubs de retour" hors des frontières de l'UE
Réclamée par une majorité d'Etats membres, la réforme prévoit la possibilité d'expulser des demandeurs d'asile déboutés dans des centres établis hors de l'Union européenne. La droite se félicite d'un durcissement de la politique migratoire, la gauche dénonce un risque accru de violations des droits humains des personnes exilées.
La réforme controversée est adoptée. Le Parlement européen a approuvé mercredi 17 juin le règlement sur les retours des migrants déboutés du droit d'asile. La réforme inclut notamment la possibilité, pour les pays de l'Union européenne, de nouer des accords avec des Etats extérieurs à l'UE, afin d'y installer des centres de rétention surnommés "hubs de retour" pour les exilés déboutés.
Que sont les "hubs de retour", ces centres dans des pays tiers pour migrants expulsés, en voie d'être rendus possible par l'UE ?
Le texte a été adopté lors d'une séance plénière à Strasbourg par 418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions, sous les huées de la gauche. La loi prévoit une batterie de mesures pour accélérer les expulsions et limiter les recours quand une demande de protection est refusée. Elle avait été réclamé par une majorité de pays membres de l'UE, dont la Grèce, quelques mois seulement après l'adoption du Pacte sur la migration et l'asile (entré en vigueur vendredi) qui prévoit déjà des contrôles de sécurité renforcés. "C'est ce qu'attendent les citoyens et c'est ce que nous leur offrons", a déclaré mardi le commissaire européen en charge de l'immigration, Magnus Brunner.
Des risques de violation des droits humains
Aujourd'hui dans l'Union européenne, environ 20% des décisions d'expulsion des étrangers en situation irrégulière aboutissent réellement à un retour, une statistique très critiquée par les partisans d'une politique migratoire plus ferme. "C'est la fin de plusieurs décennies d'impuissance face à l'immigration illégale", a au contraire salué l'eurodéputé français François-Xavier Bellamy (PPE, droite) lors d'un débat au Parlement à la veille du vote.
Les élus de gauche et des ONG de défense des droits humains ont fait valoir que la création de centres de retour hors de l'UE comportait de graves risques de violation des droits humains. Les négociateurs du texte "ont fait retirer l'obligation de mettre sur pied un mécanisme de surveillance des droits fondamentaux dans ces centres", a pointé l'élue écologiste Melissa Camara. Amnesty International a dénoncé une "extension des mesures punitives et restrictives" risquant de "plonger davantage de personnes dans des situations précaires".
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