Réouverture du détroit d'Ormuz, prix des carburants, affaire Lyhanna... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron en marge du G7
Le président de la République était l'invité de TF1, lundi, au premier jour du sommet du G7 à Evian, en Haute-Savoie.
Un tour d'horizon des sujets du moment. En marge du sommet du G7 à Evian (Haute-Savoie), Emmanuel Macron s'est entretenu avec TF1, lundi 15 juin. L'agenda du sommet sur les rives du lac Léman, déjà bousculé par l'accord Washington-Téhéran conclu dimanche soir, pourrait s'enrichir de discussions sur les droits de douane, Donald Trump ayant menacé d'assommer le vin français de nouvelles taxes. Par ailleurs, Emmanuel Macron a été interrogé sur de possibles défaillances ayant mené à la mort de Lyhanna, collégienne de 11 ans tuée dans le Gers, et sur les moyens d'y remédier. Franceinfo fait le point sur les réponses du président.
"Tout faire" pour que "le trafic puisse reprendre" à Ormuz
Après des semaines de tergiversations et de signaux contradictoires, faut-il croire à l'accord signé entre l'Iran et les Etats-Unis ? "Il faut y croire, il faut tout faire pour le mettre en œuvre. Cet accord est une bonne chose", a réagi Emmanuel Macron, quelques heures après l'annonce d'un compromis prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième de la production mondiale d'hydrocarbures.
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"Nous avons construit avec les Britanniques une mission" pour aider à rouvrir le détroit d'Ormuz et "le [porte-avions] Charles-de-Gaulle, avec tout ce qui l'entoure et qui reste dans la zone, peut être déployé dans les deux ou trois jours qui suivront la confirmation" de l'accord, a-t-il assuré. La France peut aussi avoir "dès demain" sur place "des chasseurs pour de premières missions de surveillance" ainsi qu'une frégate. "Nous allons tout faire pour qu'Ormuz puisse rouvrir, et que le trafic puisse reprendre", a ajouté Emmanuel Macron. "Nous, on défend le droit international et on va tout faire en effet pour qu'il n'y ait pas de péage" dans ce détroit, afin d'éviter une nouvelle hausse des prix.
Une conséquence sur les prix à la pompe "dans les semaines qui viennent"
Le gouvernement va "s'assurer" que la chute des cours du pétrole attendue après la conclusion de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran soit "bien répercutée à la pompe", a promis Emmanuel Macron.
"C'est dans les semaines qui viennent qu'on aura un impact sur les cours", avec une baisse rapide des marchés, mais ensuite, "pour que les chaînes logistiques repartent, ça va prendre quelques semaines", a prévenu le chef de l'Etat.
Une "discussion" avec Donald Trump à propos des droits de douane sur le vin
Emmanuel Macron a dit vouloir "une discussion respectueuse mais ferme" avec Donald Trump, qui, avant d'arriver au G7, a menacé de droits de douane de 100% sur le vin français si la France ne supprime pas sa taxe sur les services numériques réclamée aux entreprises technologiques.
"Cette taxe numérique, les Européens l'ont décidée, plusieurs pays l'ont mise en œuvre, elle fait partie de notre droit. Ce ne sont pas les Etats-Unis qui décident pour le droit des Européens, ni des Français", a prévenu Emmanuel Macron. En matière commerciale, "il faut de la stabilité", "les tarifs, ça fait du bien à personne et surtout les tarifs entre pays du G7", a-t-il insisté.
Des moyens supplémentaires "là ou là" après la mort de Lyhanna
Le président a assuré que des moyens supplémentaires pour la justice ou les enquêteurs seraient déployés "là ou là", si nécessaire, pour mieux lutter contre les violences sur les enfants, appelant à agir "avec méthode", après la sidération provoquée par la mort de Lyhanna.
Les rapports des inspections générales de la gendarmerie et de la justice doivent être remis au gouvernement le 19 juin. "Sur cette base-là, on pourra voir aussi, avec toutes les associations qui sont engagées, ce qu'il faut faire de plus pour protéger nos enfants. Qu'est-ce qui n'est pas encore assez fort ? Qu'est-ce qui n'est pas encore assez radical ? Où est-ce qu'on doit développer des unités d'écoute dans nos hôpitaux pour que ça marche encore mieux, des 'salles Mélanie' dans nos commissariats, nos gendarmeries, où est-ce qu'il manque peut-être des moyens là ou là ?", a déclaré le chef de l'Etat. Les "salles Mélanie" visent à faciliter le recueil de la parole de victimes ou de témoins de violences sexuelles en créant un environnement rassurant.
Emmanuel Macron a néanmoins une nouvelle fois répété que "de multiples lois" sur la protection de l'enfance avaient été votées depuis son arrivée à l'Elysée en 2017, en plus d'une augmentation "comme jamais" du budget de la Justice.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗