« Facteur aggravant » : pourquoi la chaleur intense de fin mai 2026 nous impacte encore aujourd’hui
La première vague de chaleur de l'année 2026 commence. Alors que la France va subir des températures très élevées, le souvenir du pic de chaleur de la fin mai ressurgit. Un événement récent, qui pourrait contribuer à aggraver l'actuel épisode caniculaire de cette mi-juin.
Une vague de chaleur s’installe en France. Ce mercredi 17 juin 2026, la chaleur s’intensifie, prévient Météo-France. Et le thermomètre devrait encore continuer de grimper les jours suivants. Le temps s’annonce extrêmement chaud lors du solstice d’été, le dimanche 21 juin. Cela risque d’ajouter à notre inconfort thermique, en raison des nuits plus courtes à cette période (vous pouvez suivre ces quelques conseils pour tenter de mieux dormir malgré la chaleur).
Cette première vague de chaleur de l’année survient à peine deux semaines après un épisode de chaleur précoce, fin mai 2026. Même s’il ne s’agissait pas encore d’une vague de chaleur à proprement parler, des records historiques pour un mois de mai ont été détrônés. Un blocage en oméga a contribué à faire grimper rapidement les températures, bloquant la France sous un dôme de chaleur persistant.
Cet épisode est désormais derrière nous, et on pourrait penser spontanément qu’il n’a pas particulièrement d’impact sur la nouvelle vague de chaleur que nous allons vivre. Pourtant, la chaleur de la fin mai 2026 pourrait bien contribuer à aggraver ce nouvel épisode, et donc notre inconfort.
Les sols français sont asséchés depuis le pic de chaleur de la fin mai 2026
Les températures élevées de la fin mai 2026 ont contribué à l’assèchement des sols. C’est ce que constatait alors Serge Zaka, spécialiste en agroclimatologie, sur X, le 2 juin : « La canicule de la semaine dernière a provoqué une évapotranspiration inédite pour la période de l’année, se rangeant parmi les plus hautes valeurs jamais observées en France. Résultat : nos réserves hydriques sont déjà mises à mal pour l’été. Tous les bénéfices des pluies excédentaires de l’hiver se sont déjà évaporés (dans nos sols). » Il a certes plu durant les jours suivants, mais pas forcément suffisamment pour reconstituer les réserves.
Comme l’explique l’INRA (institut national de la recherche agronomique), un lien physique existe entre la canicule et la sécheresse : les fortes chaleurs contribuent à assécher les sols. Mais cela ne s’arrête pas là, « la plus faible quantité de vapeur d’eau dans l’air favorise son échauffement ».
« Un facteur aggravant pour les températures actuelles »
Un constat qui se vérifie actuellement, et que Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, a confirmé lors d’une conférence de presse organisée par le service de météorologie le 16 juin, en présence de Numerama. « Des sols plus secs qu’auparavant vont avoir tendance à restituer plus de chaleur. L’épisode de mai a asséché les sols au niveau national, c’est un facteur aggravant pour les températures actuelles. Et la chaleur de fin mai est aussi restituée actuellement. »
Il n’est pas impossible que cet assèchement des sols atteigne des records, selon les prévisions de Météo-France. « Les sols déjà très secs pour un mois de juin vont continuer à s’assécher, se rapprochant localement des niveaux records secs pour la saison dans les prochains jours, notamment en Aquitaine, dans le Limousin, en Alsace, en Midi-Pyrénées. La situation se dégradera partout, sauf exceptions très locales liées à d’éventuels orages », indique le bulletin du 16 juin.
Les orages, qui pourraient atténuer un peu cet assèchement, restent cependant difficiles à prévoir avec précision : fin mai 2026, les prévisions s’étaient trompées sur le risque d’orages après la chaleur.
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Source : Numerama — voir l'article d'origine ↗