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Le Louvre est à "bout de souffle" et se trouve face à un "mur d'investissements", juge son président Christophe Leribault

Mener à bien le colossal projet de rénovation du musée, qui est évalué à plus d'un milliard d'euros, s'avère dans ce contexte une "nécessité absolue".

Le musée du Louvre, en crise depuis le cambriolage d'octobre, est à "bout de souffle" et fait face à "un mur d'investissements" nécessaires pour rénover ses équipements vieillissants, a affirmé, mercredi 17 juin, son président Christophe Leribault.

"On peut le dire sans ambages : malgré son imposante majesté, malgré l'engagement quotidien de ses équipes, c'est un Louvre à bout de souffle", a déclaré devant une commission du Sénat le dirigeant nommé en février. "Ses équipements, ses infrastructures arrivent en fin de cycle." Le vol des joyaux de la Couronne, le 19 octobre 2025, a mis au jour les failles de sécurité et les retards accumulés dans la modernisation des équipements du musée le plus visité au monde.

"Nous sommes donc à la croisée des chemins, les urgences bâtimentaires s'accumulent et nous faisons face à un mur d'investissements, ce qui évidemment n'est pas ce qu'on a envie d'entendre", a déclaré Christophe Leribault, qui a annoncé que plus de 10 000 vases grecs devaient être déplacés pour mener à bien des travaux de réfection de l'une des ailes du Louvre. Dans ce contexte, le président a défendu la "nécessité absolue" de mener à bien le colossal projet de rénovation du musée baptisé Louvre Nouvelle renaissance, évalué à plus d'un milliard d'euros.

En quête de 360 millions d'euros

Dans le cadre de ce projet, le musée du Louvre doit notamment trouver "dans les prochains mois" 360 millions d'euros de mécénat pour financer le vaste projet de rénovation qui prévoit la création d'une entrée supplémentaire et une nouvelle salle d'exposition de la Joconde, a indiqué mercredi son président. "C'est un sacré challenge, je ne sais pas si je vais y arriver", a ajouté Christophe Leribault. Un projet estimé à 660 millions sur un total d'environ un milliard, un des volets de Louvre Nouvelle renaissance prévoit de créer une entrée supplémentaire pour désengorger les accès du côté de la pyramide et de construire notamment, en sous-sol, une nouvelle pièce pour exposer la Joconde.

"Ces 660 millions doivent être couverts par le mécénat", a indiqué le patron du musée, indiquant que près de la moitié de cette somme (300 millions) devait venir de l'exploitation de la marque du Louvre à Abou Dhabi où le musée a ouvert une antenne en 2017. "Les autres sont à trouver dans les prochains mois auprès de grandes sociétés, de donateurs individuels", a détaillé Christophe Leribault en notant que "c'est évidemment une forte pression pour trouver ces moyens".

Mi-mai, un groupement d'agences d'architectes et de paysagistes a été désigné pour conduire ce volet du projet mais, selon le responsable du Louvre, les travaux ne commenceront pas avant un an. "Nous avons un an (...) de mise au point du projet, de concertation avec les équipes, avec toutes les instances aussi hors musée, pour que ce projet soit vraiment d'aplomb, et qu'il soit surtout dépolitisé", a-t-il expliqué. "Ce qui veut dire que le premier coup de pioche, j'espère, sera après les élections" présidentielles du printemps 2027. Le second volet du projet Louvre nouvelle renaissance, évalué lui à quelque 460 millions d'euros, prévoit de moderniser et rénover le bâtiment existant.

Mesures urgentes de sécurisation

S'agissant de la sécurisation du musée, le président du musée parisien affirme "prendre à bras-le-corps les urgences qui s'imposent", et annonce la mise en place, à partir de janvier 2027, du nouveau système de surveillance vidéo périmétrique.

"Nous avons bien sûr installé en urgence quelques caméras supplémentaires dans des endroits absolument névralgiques dont on avait constaté la déficience, mais on ne peut pas recréer tout un nouveau réseau avec des centaines de caméras sans renforcer l'armature technique", a-t-il expliqué, annonçant la création en octobre d'un nouveau PC sécurité.

Le poste de coordinateur sécurité, dont la création avait été annoncée dans la foulée du cambriolage, est confié à Olivier Goupil, ancien commissaire divisionnaire et jusque-là responsable de la sécurité à la RATP, a annoncé le dirigeant, selon qui "la meurtrissure du vol et le traumatisme des mois qui ont suivi sont toujours très vifs" au sein du musée qui accueille actuellement quelque neuf millions de visiteurs par an.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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