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Lieu de résidence, intoxication chronique, analyse d'urine... Cinq questions sur les tests de dépistage du cadmium désormais remboursés pour une partie des Français

En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions à ce métal lourd dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l'agence de sécurité sanitaire.

Quel est le niveau d'imprégnation du cadmium dans votre corps ? Il est désormais possible de le savoir gratuitement, sous certaines conditions. Des dépistages sont remboursés pour une partie des Français à partir du mardi 16 juin. Il y a urgence : en 2025, près de la moitié de la population présentait des expositions à ce métal lourd dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). Franceinfo revient en cinq questions sur ces tests.

1 Qui sera concerné par le remboursement du dépistage ?

Tous les Français ne peuvent pas profiter de ces tests gratuits. Pour être remboursé, le dépistage du cadmium doit être prescrit par un médecin, soit aux "personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence", soit aux personnes surveillées en raison d'une "intoxication chronique" au cadmium liée à leur lieu de résidence, précise le gouvernement. Les agences régionales de santé (ARS) vont communiquer sur ces zones polluées, précise l'Assurance-maladie auprès du Figaro.

L'exécutif a ainsi décidé de suivre les recommandations de la Haute Autorité de santé. La HAS préconisait, dès juillet 2024, de dépister les résidents "potentiellement surexposés" des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium (Champagne, Charente, Jura, Massif central...) ou des riverains des 7 000 sites pollués par une implantation industrielle, qui se contaminent en inhalant des poussières ou en ingérant des aliments cultivés localement. Un périmètre trop restrictif, selon Pierre Souvet, cardiologue et fondateur de l’association Santé environnement France, sur ICI Paris Ile-de-France.

Cadmium : le dépistage gratuit "ne correspond pas à la contamination générale des Français", déplore Santé environnement France

Le test sanguin et urinaire du cadmium est facturé 27,50 euros, selon l'accord trouvé début avril entre les représentants des biologistes médicaux et l'Assurance-maladie. Il sera remboursé à 60% par la Sécurité sociale et 40% par les complémentaires. Actuellement, un test sans prescription d'un médecin coûte environ 45 euros, rapporte le média Vert.

2 En quoi consistent ces tests ?

Ces analyses consistent en un "dosage dans les urines et éventuellement dans le sang en complément" pour déterminer "si la personne a, du fait de sa résidence, une intoxication chronique importante" au cadmium, précise François Blanchecotte, président de la Fédération de la biologie médicale. "Il fallait vraiment agir : le cadmium s'accumule silencieusement dans le corps et peut finir par poser des problèmes graves", insiste-t-il.

Techniquement, il s'agit d'une spectrométrie de masse à plasma induit (ICP-MS). "Cette technique de référence permet de détecter des concentrations même extrêmement faibles de métaux dans l'organisme", assure le laboratoire Inovie dans un communiqué. "La matrice urinaire est déjà réalisée en routine dans les laboratoires du groupe, et la matrice sanguine vient compléter progressivement cette capacité analytique", précise-t-il.

3 A quoi doivent-ils servir ?

L'Anses a alerté en mars 2026. Selon elle, près de la moitié de la population française présente des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence en 2025. "Cette imprégnation est préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge", estime l'agence sanitaire. Un constat qui pourrait être nuancé par ce dépistage.

"La situation est préoccupante, mais peut-être pas aussi dramatique que le décrit l'Anses dans son rapport", affirme le toxicologue Robert Garnier, qui a rédigé les recommandations de la Haute Autorité de santé. En effet, cette évaluation de l'exposition globale des Français, tout au long de la vie, se base en partie sur une étude menée par Santé publique France à partir d'analyses en laboratoire qui auraient pu surestimer les concentrations urinaires de cadmium mesurées.

4 Quels sont les risques du cadmium ?

Le cadmium fait peser des risques réels sur la santé à partir d'une certaine quantité dans l'organisme. Une "exposition répétée à de faibles doses peut être à l'origine de multiples effets sanitaires : rénaux, osseux, respiratoires, neurologiques, cardiovasculaires, sur la reproduction et cancérogènes", détaillait la Haute Autorité de santé en 2024. Selon elle, "il n'y a de risque d'effet sur la santé que lorsque la concentration urinaire de cadmium dépasse 1 µg/g créatinine, quel que soit l'âge".

L'auteur du rapport de la Haute Autorité de santé, Robert Garnier, précise également qu'une fois accumulé dans l'organisme, "le cadmium diminue très lentement". "En conséquence, la quantité de cadmium présente dans l'organisme augmente avec l'âge : il faut donc surtout, à tous les âges, contrôler les apports", selon lui, car "il n'existe pas de médicament" en cas de surexposition avérée.

5 Que peut-on faire pour éviter d'être contaminé ?

Une communication du ministère de la Santé doit rappeler aux médecins les recommandations de la HAS visant à diminuer l'exposition au cadmium, notamment pour les enfants de 6 mois à 4 ans. Les principales mesures sont : ne pas les laisser jouer sur le sol, couper leurs ongles court, laver souvent leur visage, leurs mains, leurs vêtements, leurs jouets et leurs doudous ou encore nettoyer les sols avec un linge humide.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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