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"On n'a pas le choix" : à Aubervilliers, les soutiens de Raphaël Glucksmann font bloc avec sa décision de reporter sa candidature à la présidentielle

Le leader de Place publique a tenu son premier meeting de campagne aux Docks d'Aubervilliers, samedi. Devant lui, des militants et des sympathisants convaincus de devoir attendre avant de se lancer véritablement dans la bataille.

Presque tout y est : les militants avec des drapeaux du parti, pin's jaune fluo sur la chemise ou la robe, le stand de livres avant d'entrer dans la salle, les sièges réservés pour les personnalités… Et même les "Raphaël président !" qui s'échappent de la foule. Raphaël Glucksmann, lui aussi, s'est préparé aux immanquables d'un tel rendez-vous. Avant le meeting, il a été aperçu en train de répéter La Marseillaise, seul sur scène, son entourage lui expliquant comment se tenir et que faire de ses mains. Tous les éléments d'un meeting à la présidentielle étaient donc réunis aux Docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en cette chaude fin d'après-midi du samedi 13 juin. Tous, sauf une chose essentielle : l'orateur du jour n'est pas officiellement lancé dans la course à l'Elysée.

A la fin du mois de mai, le cofondateur de Place publique a choisi de se donner trois mois avant de prendre sa décision. Un timing critiqué, notamment chez ses partenaires à gauche. Pourquoi sortir un livre, Nous avons encore envie, organiser un meeting et répéter qu'il vise la victoire pour le printemps 2027 alors qu'il n'est pas véritablement sur la ligne de départ ? "Ce n'est pas un aveu de faiblesse, mais un aveu de respect pour les autres partis politiques et pour les Français. On veut les convaincre sans les prendre pour des idiots", balaie l'entourage de Raphaël Glucksmann.

Sur place, les militants rencontrés par franceinfo se sont fait à l'idée de laisser passer l'été avant d'entrer dans la bataille pour de bon. "Pendant ce temps-là, on se prépare. On positive", raconte Françoise, militante de Lorient (Morbihan). "On n'a pas le choix", prolonge, quelques mètres plus loin, Archibald, de Paris. Chez les soutiens de l'essayiste converti à la politique, le doute n'est plus vraiment permis : malgré ce retard volontaire à l'allumage, Raphaël Glucksmann sera bien candidat à la rentrée.

"Trois mois, c'est aussi pour montrer qu'on est forts"

Comme il l'a annoncé, l'élu doit profiter de ces trois mois pour "sillonner le pays et proposer un nouveau contrat patriotique", a-t-il défendu sur TF1. "Il vaut mieux préparer quelque chose de solide en amont et l'annoncer ensuite, plutôt que l'inverse", soutient Aurale, l'une des responsables de la mobilisation des jeunes au sein du mouvement. "Partir vite et partir mal, ce n'était pas une solution", abonde Archibald, près de la scène sur laquelle l'eurodéputé s'est hissé après une longue déambulation dans une salle d'"un peu plus" de 4 000 personnes, selon les déclarations de son entourage à franceinfo. Il a ensuite pris la parole pendant un peu plus d'une heure.

Devant ses soutiens, le leader de Place publique a abordé ses thèmes de prédilection (le patriotisme face au Rassemblement national, la transition écologique, l'éducation), en employant à chaque fois le futur et non le conditionnel. Comme pour rassurer sur sa capacité à incarner cette candidature de la gauche non-mélenchoniste, qui tente de dialoguer jusqu'aux déçus du macronisme. Une attitude "nécessaire" dans les prochaines semaines, assurent Archibald et son ami Antoine, alors que l'eurodéputé a brocardé le chef de l'Etat, dénonçant ses "coups de communication et ses discours creux".

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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