Report des oraux du bac en cas de fortes chaleurs : le SNPDEN-Unsa pointe le "manque d’anticipation" du gouvernement
Le calendrier "n’est pas extensible", objecte le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale. Et "travailler le samedi et le dimanche" pour compenser, "n’est pas envisageable", avertit-il.
Gérard Heinz, membre du SNPDEN-Unsa et proviseur d’un lycée polyvalent à Cholet, s’est étonné mercredi 17 juin sur franceinfo du "manque d’anticipation" du gouvernement, rappelant que "la canicule, ce n’est quand même pas un événement nouveau". Le ministre de l’Education, Édouard Geffray, a évoqué mercredi matin sur franceinfo le possible report des oraux du baccalauréat pour les élèves convoqués dans des centres jugés trop chauds. Ils seront informés d’un éventuel report "vendredi au plus tard", a indiqué le ministre.
"On peut apporter autant de bouteilles d'eau qu'on veut, il fait chaud !" : l'inquiétude des candidats au bac face à la hausse des températures
"Faire une annonce le 16 juin pour le 22 juin, ça nous interroge un petit peu", a réagi Gérard Heinz. "Si on doit reporter à un moment donné des demi-journées consacrées aux oraux, le calendrier n’est pas extensible", a-t-il soulevé. "L’organisation du bac, c’est un travail d’orfèvre qui se prépare des semaines, voire des mois en amont. Reporter une demi-journée reste encore jouable, mais si on doit annuler plusieurs après-midis, cela devient impossible", a-t-il détaillé. "Il faudrait alors démultiplier les jurys, voire travailler le samedi et le dimanche, ce qui n’est pas envisageable", prévient-il. L’hypothèse d’un aménagement des horaires apparaît tout aussi complexe. "Si on coupe l’organisation en deux en ne faisant passer les oraux que le matin, ça ne passe plus dans le calendrier", a-t-il surenchéri.
Des inquiétudes aussi sur le brevet
Au-delà des épreuves elles-mêmes, Gérard Heinz pointe d’autres contraintes logistiques comme "la question des transports scolaires" qui "n’a pas été évoquée", par le ministre. "Si on doit annuler ou reporter une demi-journée de grand oral, les élèves transportés de loin resteront dans l’établissement et ne pourront pas pour autant fuir la chaleur. Que fait-on avec des élèves qui risquent d’avoir des malaises, même s’ils ne passent pas d’épreuve ?", s’est-il interrogé.
Les inquiétudes s’étendent également aux épreuves du diplôme national du brevet (DNB), prévues fin juin. "On peut avoir ce risque parce qu’à cette période, on a toutes les chances d’avoir encore des températures particulièrement élevées", a-t-il estimé. Si les enjeux diffèrent de ceux du baccalauréat, "c’est malgré tout un vrai casse-tête chinois" en cas de report.
Face à ces conditions, les chefs d’établissement n’excluent pas de prendre leurs responsabilités. "Il est évident que, si la chaleur est absolument insupportable, nous prendrons les mesures qui sont dans notre périmètre de compétence, c’est-à-dire suspendre les activités pour protéger les personnels et les élèves, quitte à mettre en péril l’architecture et l’organisation des épreuves", a conclu Gérard Heinz.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗