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"Tout indique" que le meurtre en Pologne de Simon Skrepetski, caricaturiste russe critique de Poutine, est "politique" selon le Premier ministre Donald Tusk

Le dessinateur avait décliné la protection qui lui avait été proposée par les autorités polonaises. Craignant d'être persécuté, l'artiste russe avait trouvé asile en Pologne en 2021.

Le meurtre, dans l'est de la Pologne, d'un caricaturiste russe exilé connu pour ses dessins moquant Vladimir Poutine, a toutes les caractéristiques d'un assassinat politique, a déclaré, mercredi 17 juin, le Premier ministre polonais Donald Tusk. "Tout indique qu'il s'agit d'un assassinat politique", a-t-il déclaré à propos du meurtre lundi du caricaturiste de 44 ans, Robert Kouzovkov, connu sous le nom d'artiste de Semyon Skrepetsky ou Simon Skrepetski.

"S'il a été commandité par la Russie, alors c'est aussi un sujet très sérieux avec une dimension internationale", a ajouté Donald Tusk. Selon les autorités polonaises, le caricaturiste russe a été tué lundi matin dans la rue par un homme non identifié qui a tiré trois coups de feu avec une arme de poing. Lorsque l'artiste est tombé, l'assaillant s'est approché de lui et a tiré à deux reprises à bout portant.

Tensions diplomatiques

Les autorités polonaises avaient proposé une protection au dessinateur qui l'a déclinée. Deux Biélorusses avaient été arrêtés en lien présumé avec l'affaire mais ils ont depuis été relâchés, ont annoncé mercredi les autorités judiciaires. Une enquête est en cours pour retrouver l'auteur des coups de feu. L'affaire pourrait raviver les tensions historiques entre la Pologne et sa voisine la Russie, soulignées notamment par le crash de drones attribué à Moscou à l'automne 2025.

Simon Skrepetski s'était fait connaître par ses caricatures parfois provocatrices, visant des figures politiques russes de premier plan. Ses dessins pouvaient viser le président Vladimir Poutine, le dirigeant soviétique Joseph Staline, l'opposant Alexeï Navalny ou encore le chef tchétchène Ramzan Kadyrov.

Simon Skrepetski s'était installé en Pologne en 2021, disant craindre des persécutions politiques en Russie. En exil, il avait maintenu sa posture iconoclaste, participant à des événements de l'opposition russe, tout en critiquant ouvertement cette même opposition. Le dessinateur a également vivement critiqué le gouvernement ukrainien à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux. À la suite de ces critiques, Myrotvorets, un site ukrainien controversé, a publié son adresse personnelle.

Plusieurs opposants au pouvoir russe ont été victimes à l'étranger d'attaques physiques ou au poison, comme au Royaume-Uni, où l'ex-agent du FSB Alexandre Litvinenko est décédé d'un empoisonnement au polonium en 2006, tandis que l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont survécu à un empoisonnement au Novitchok en 2018, qui a par ailleurs tué une Britannique. Moscou a toujours démenti toute implication dans ces attaques.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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