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🎬 Ciné

« Il est plus facile d’être acteur qu’influenceur » : Xavier Lacaille incarne « The Giaccomo »

Le comédien incarne The Giaccomo, un faux influenceur en quête d’abonnés dans ce « documenteur » réjouissant

Avec son look aussi voyant que ridicule et sa bêtise extra-large, Giaccomo (avec deux « c » car « Giacomo » était déjà déposé sur Instagram), le héros fait penser à un acteur de téléréalité qui aurait passé trop de temps sur les réseaux sociaux. The Giaccomo brosse un tableau du monde de l’influence tout en confirmant que Xavier Lacaille (vu notamment dans les séries Miskina, la pauvre et Parlement) est un sacré comédien. Il s’est confié à 20 Minutes sur la création de son personnage.

Comment est né le personnage de The Giaccomo ?

Je l’ai créé à l’occasion d’une croisière où j’étais parti pour écrire un film choral avec les auteurs Baptiste Drapeau, Jean-Christophe Brianchion et Maurizio Carrasco. J’ai adopté ce look pour m’amuser. Je revois la tête du coiffeur quand je lui ai demandé la coupe au bol inspirée de Jacquouille la fripouille des Visiteurs et j’ai joué mon rôle auprès des passagers pour étudier leurs réactions. C’est là qu’est né le personnage car il est devenu une star de la croisière. Je suis resté Giaccomo pendant une semaine et là, ça a pris des proportions assez folles. Quand j’ai retrouvé mon apparence normale le dernier jour, les gens ne voulaient pas croire qu’il n’existait pas. C’est là qu’on a eu l’idée de faire un film centré sur lui.

Comment l’avez-vous développé ?

On a décidé de le tester dans la vraie vie. On est allé avenue Montaigne et j’ai essayé d’entrer dans des magasins chics grimé en Giaccomo en leur proposant des « collabs ». On ne me laissait pas passer la porte. On a ensuite recommencé alors que je portais un sac en papier Gucci bourré de fringues pas chères, un peu comme si j’étais Pretty Woman. Et là, ça a fonctionné. J’étais accueilli comme un roi. Cela a été la même chose dans un restaurant où le patron a tenu à inviter toute ma tablée, ou celle de Giaccomo plutôt ! Quand on lui a finalement dit que c’était pour un film et qu’on voulait le payer, il a refusé. Il disait préférer croire que j’étais vraiment un influenceur. Ces expériences délirantes ont nourri le film.

Comment vous êtes-vous documentés ?

On a pris conseil auprès de Bastos, un vrai influenceur qui nous a donné des accès dans le monde de l’influence et qui nous a beaucoup parlé de sa vie. Il est très, très suivi sur les réseaux sociaux, mais ce n’est pas quelqu’un qui a cette existence folle dans la vraie vie. On a aussi rencontré une psychiatre qui nous a aidés à créer le film. Elle nous a parlé très tôt de ce phénomène qui est encore peu connu, qui est la déréalisation chez les gens nés après 2010. En fait, on a encore assez peu de données sur ça, mais elle nous dit ça allait être un raz-de-marée de jeunes qui sont à côté de la plaque. On a aussi filmé dans une clinique avec des vrais patients qui sont là pour ce qu’on appelle le « digital detox, mais en fait, ce sont juste des gens qui ont le cerveau rétamé à force de passer leur vie sur les réseaux. On a eu envie de parler de tout ça.

Qu’est-ce qu’un influenceur ?

Il y a plein de réponses possibles. Je pense que j’ai du mal à théoriser de manière précise ce qu’est l’influence parce qu’elle est polymorphe. En général, les gens différencient un peu le créateur de contenu de l’influenceur. Donc nous, dans le film, on ne parle pas du tout des créateurs de contenu. La création de contenu, c’est quelque chose qui est beaucoup plus clair. Ce sont des gens qui sont soit journalistes, soit cadreurs, qui deviennent un peu monteurs, qui deviennent acteurs. Oui, parce qu’il faut savoir faire un nombre de trucs hallucinants pour faire ce genre de choses. C’est une polyvalence totale. Les influenceurs, pour en avoir beaucoup parlé avec eux, c’est plus opaque. Même si les plus jeunes commencent à se dire qu’ils ont une responsabilité sociopolitique et que ça commence à être régulé, c’est encore le Far-West.

Pourquoi avoir choisi de Tibo InShape pour participer au film ?

Je ne le connais pas tout et je ne l’ai jamais rencontré autrement quand j’étais dans la peau de Giaccomo. On s’est dit que ce serait le genre d’influenceur que Giaccomo peut admirer. Je voulais être sincère avec mon personnage, ne pas le prendre de haut en mettant trop du recul. Tout était improvisé quand on filmait et il me fallait rester fidèle à mon rôle. Quand je joue dans le film, je suis Giaccomo, pas Xavier. Cela a été le cas avec toutes nos stars invitées que ce soit Benjamin Castaldi ou Michel Cymes. Je ne suis même pas certain qu’ils ont compris que Giaccomo n’existe pas.

Source : 20 Minutesvoir l'article d'origine ↗

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