Limitation de la durée des arrêts de travail : c'est plutôt "le management des entreprises" qui "doit être revu", s'indigne l'ancien président du syndicat des médecins libéraux
"La charge ne doit pas être portée sur les salariés uniquement", rappelle samedi sur franceinfo Éric Henry, alors que le décret limitant la durée des arrêts de travail, à un mois pour une première prescription, a été publié au Journal officiel.
C'est plutôt "le management des entreprises" qui "doit être revu de fond en comble", s'indigne Éric Henry, médecin généraliste et ancien président du syndicat des médecins libéraux de France, sur franceinfo samedi 13 juin, alors qu'a été publié le décret qui réduit à un mois la durée des arrêts de travail pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation.
Limitation de la durée des arrêts de travail : "Ce sont des mesures pour empêcher les gens de se soigner", dénonce la CGT
Un décalage "depuis une quinzaine d'années"
Le médecin généraliste rejoint donc les constats des syndicats, comme la CGT et la CFDT qui dénoncent un décret qui ne prend pas les choses dans le bon sens : la priorité devrait être d'améliorer le bien-être au travail. "Je suis un libéral qu'on considérera donc globalement comme un type de droite et je suis tout à fait d'accord" avec leur constat, réagit le médecin : "Ce n'est plus l'industrie qui écrase le pied avec un camion, dorénavant, ce sont des gens qui travaillent ensemble et qui ne s'entendent pas, soit avec un manager toxique, soit un collègue toxique, soit une direction toxique".
Pour Éric Henry, "depuis une quinzaine d'années", le décalage entre les aspirations des employés et le management des cadres s'est creusé avec les nouvelles générations, moins contraintes financièrement : "Il faut leur donner de l'autonomie, leur donner de l'intelligence, des responsabilités", résume le médecin alors qu'on "les cantonne à des professions répétitives".
"Enquêter sur les gens qui rendent leur entreprise toxique"
Ce décalage doit être entendu par les personnes qui managent des équipes. "Si les managers n'entendent pas ça, et si l'on ne sacrifie pas les managers toxiques au profit des salariés qui sont bons, tous les salariés qui sont sous les ordres de ce manager toxique finiront dans mon cabinet en arrêt de travail", prévient le médecin, qui nuance en rappelant qu'une personne toxique n'est pas nécessairement un manager, mais peut aussi être un collègue de travail. Pour lui la solution est simple : "Il faut enquêter sur les gens qui rendent leur entreprise toxique", car "ceux qui sont en arrêt, eux, ils sont victimes, ils ne sont pas coupables".
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗