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Le créateur d’Elden Ring pourrait bien perdre son indépendance créative

Alors que Kadokawa, la maison mère de FromSoftware, fait face à la pression du fonds d'investissement activiste Oasis Management, le président du studio, Hidetaka Miyazaki, a tenu à rappeler ce qui compte le plus à ses yeux : préserver la liberté créative de son studio.

Comme rapporté par le site Automaton le 22 mai 2026, le fonds spéculatif Oasis Management Company, basé à Hong Kong, est devenu le principal actionnaire de l’éditeur japonais Kadokawa en mars 2026. Depuis, Oasis Management Company a lancé une campagne visant à obtenir des changements au sein de la direction de l’entreprise japonaise, en commençant par le licenciement de Takeshi Natsuno, l’actuel PDG de Kadokawa.

La société mère de FromSoftware, le studio derrière Elden Ring et Dark Souls, traverse donc une période d’incertitude, qui touche également le studio dirigé par Hidetaka Miyazaki. FromSoftware joue en effet un rôle important dans l’argumentaire des investisseurs, qui souhaitent que le studio publie davantage ses propres jeux plutôt que de s’appuyer sur des partenaires comme Bandai Namco Entertainment ou Activision, dans l’objectif évident d’augmenter les revenus.

Une vision qui est toutefois loin de faire l’unanimité, à commencer par le créateur et président du studio, Hidetaka Miyazaki, qui a partagé son point de vue sur le site Denfaminicogamer ce 12 juin : « Tout d’abord, je suis globalement satisfait de l’environnement de développement actuel de FromSoftware. Bien sûr, il y a des points à améliorer, mais nous sommes libres de créer les jeux que nous souhaitons sans ingérence excessive », a déclaré le développeur.

« Et je crois que maintenir cet environnement à l’avenir, afin de nous permettre de nous concentrer au maximum sur le développement de nos jeux, est essentiel pour moi et pour toute l’équipe de FromSoftware. » Une manière de soutenir sa maison mère, sans faire de commentaire direct sur les changements qui la concernent.

L’indépendance créative avant tout pour le studio d’Elden Ring

« Enfin, si certains de nos joueurs lisent ce message, nous tenons à vous assurer que nous continuerons à travailler plus dur que jamais pour créer des jeux de haute qualité. Nous espérons que vous attendrez avec impatience nos prochains titres, qu’ils aient déjà été annoncés ou non », termine Hidetaka Miyazaki.

Jusqu’à présent, les partenaires historiques de FromSoftware ont joué un rôle essentiel dans la diffusion internationale de ses jeux. Dark Souls est associé à Bandai Namco, tandis que Bloodborne et Demon’s Souls sont liés à Sony Interactive Entertainment.

La grande majorité des ventes d’Elden Ring ont été réalisées à l’étranger. Par conséquent, Kadokawa n’aurait que peu profité du succès mondial du jeu, selon un document fourni par Oasis Management Company le 21 mai 2026. Le fonds hongkongais — qui détient désormais 13,76 % de FromSoftware — suggère ainsi l’autoédition à Kadokawa : « Dans un scénario simplifié, si FromSoftware produisait un autre titre à succès comparable à Elden Ring, avec des ventes dépassant les 30 millions d’exemplaires, l’absence d’autoédition aurait pour conséquence, une fois de plus, de laisser une part importante de la valeur économique entre les mains de partenaires d’édition externes plutôt qu’aux actionnaires de Kadokawa. »

L’idée que FromSoftware devienne son propre éditeur peut sembler séduisante, mais elle serait en réalité risquée et peu adaptée à sa structure actuelle. Des partenaires comme Bandai Namco ou Activision prennent en charge des éléments essentiels tels que le marketing mondial, la distribution ou encore la gestion des plateformes. En passant à l’autoédition, FromSoftware devrait assumer ces responsabilités lourdes et coûteuses, tout en risquant de renforcer la pression des investisseurs. De plus, le studio ne possède pas les droits de plusieurs de ses licences cultes, et tout nouveau jeu issu de ces franchises nécessiterait donc de longues négociations avec les éditeurs concernés.

Rappelons enfin qu’Oasis est la même entreprise qui avait tenté, il y a une dizaine d’années, de convaincre Nintendo de se tourner vers les jeux mobiles free-to-play afin de faire payer davantage les joueuses et les joueurs.

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Source : Numeramavoir l'article d'origine ↗

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