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Blocus du détroit d'Ormuz : pourquoi la prudence reste de mise malgré l'annonce de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran

Donald Trump a promis que le corridor serait entièrement rouvert ce vendredi, lors de la signature d'un accord-cadre avec l'Iran. Mais les principaux acteurs affichent plus de prudence.

Vers une reprise du trafic sans entrave dans le détroit d'Ormuz ? La perspective d'un accord-cadre entre Washington et Téhéran laisse entrevoir la réouverture de ce corridor à l'importance cruciale pour le commerce mondial. Celle-ci pourrait intervenir après la signature prévue vendredi 19 juin en Suisse. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !", a claironné le président américain, Donald Trump. Ces slogans ne suffiront pas à rétablir la confiance des acteurs maritimes, échaudés par les annonces contradictoires des derniers mois. Ils réclament désormais des garanties.

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Le contexte sécuritaire reste lourd. Le 8 avril, les Gardiens de la Révolution ont publié une carte où le principal passage du détroit – appelé dispositif de séparation de trafic (TSS) – figure en "zone de risque", évoquant la présence potentielle de mines. Depuis, les navires qui sont autorisés à prendre la direction du Golfe persique, vers l'Ouest, doivent passer au nord de la petite île de Larak, en rasant les côtes iraniennes. Plusieurs experts ont ensuite évoqué la possible présence de mines marines dites "Maham". Le média américain CBS News évoque notamment des modèles capables de repérer des navires grâce à des capteurs acoustiques et magnétiques. Et fin mai, l'armée américaine a de nouveau mis en garde les capitaines contre un minage "dangereux et illégal" dans le détroit.

A ce stade, la présence de mines n'a jamais été confirmée officiellement. Un engin flottant, tout au plus, a été signalé le 31 mai à proximité d'Oman. Mais cette incertitude ne change rien, pour les marins. "A partir du moment même où il existe une suspicion, c'est comme si vous aviez des mines", explique à franceinfo Damien Chevallier, directeur de la division sécurité maritime à l'Organisation maritime internationale (OMI). Face à cette "menace sourde et discrète", l'OMI déconseille toujours la navigation dans le détroit. Pour l'agence, la priorité est aujourd'hui d'organiser l'évacuation de 11 000 marins, sur les 20 000 affectés à la zone, et d'un demi-millier de navires toujours bloqués. Pour cela, "il faut identifier la route la plus sûre", souligne Damien Chevallier.

Les marins toujours dans l'attente d'une issue de secours

Trois options existent, mais aucune n'est idéale. La voie classique, le TSS, est potentiellement minée et le déminage "prendra beaucoup de temps", ajoute Damien Chevallier. La route de la côte omanaise, truffée d'écueils et de rochers, est utilisée par les Américains pour tenter d'évacuer des navires. Mais elle est extrêmement risquée, avec de potentielles catastrophes environnementales à la clé. La solution la plus rapide serait d'utiliser la route iranienne, au nord de Larak, pendant les opérations de déminage du TSS. Mais c'est aussi l'option la plus complexe à négocier sur le plan politique.

La navigation maritime est basée sur l'évaluation du risque, et le coût humain et financier est colossal en cas d'accident. "La menace des mines dans la région demeure une préoccupation immédiate et à plus long terme, et des itinéraires déminés doivent être établis", commente également Jakob Larsen, responsable de la sécurité au sein de l'association maritime Bimco, cité par Reuters. "Il est très risqué pour les navires d'entamer leur transit à ce stade", en l'absence de détails précis sur l'accord promis par l'administration américaine. Plusieurs obstacles doivent être franchis pour rétablir la confiance.

"Il faut d'abord définir des garanties de sécurité. Pour le moment, l'OMI déconseille la navigation. Les annonces précédentes se sont soldées par des attaques sur des navires et des morts."

La France et le Royaume-Uni ont proposé une mission internationale de déminage, aux côtés de 38 autres pays. Cela consiste à mobiliser des chasseurs de mines équipés de petits drones et des sonars, afin de balayer la zone pour détecter d'éventuelles charges explosives marines. En cas de découverte, l'équipage déclenche une intervention de plongeurs démineurs ou l'envoi d'un robot. Ces opérations devront balayer l'ensemble de la zone et même au-delà, à la recherche de mines à la dérive, ce qui nécessitera plusieurs semaines. Une mission internationale, par ailleurs, suppose "un accord de toutes les parties", a convenu la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, sur France Inter.

Un statu quo dans le détroit, faute de garanties

Une certaine confusion règne autour du détroit. Selon Donald Trump, "des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit d'Ormuz" et "naviguent le long [d'une route] qui est totalement sécurisée", a-t-il assuré, sans préciser laquelle. Le PGSA, lui, affirme que "ses procédures restent toujours en vigueur", dans un mail consulté lundi par franceinfo. Les navires sont encore tenus de déposer une demande pour franchir le corridor, jusqu'à nouvel ordre.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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