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🌍 Monde

L'accord de paix annoncé au Moyen-Orient est jugé "extraordinairement flou" par un chercheur, qui redoute que le Liban ne soit la "victime expiatoire"

Karim Émile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, estime que cette guerre a été "contre-productive". Le régime iranien a résisté, "les Iraniens continuent de croupir dans les geôles du régime" et les habitants du Sud-Liban restent des déplacés.

"Cet accord reste un accord extraordinairement flou", estime lundi 15 juin sur franceinfo Karim Émile Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Moyen-Orient, après que les États-Unis et l'Iran ont annoncé être parvenus à un accord pour mettre fin à la guerre. Pour le chercheur, il n’y a "pas de concession très claire côté iranien, ni sur le dossier nucléaire, ni sur le balistique, ni sur les proxy".

L'accord entre les États-Unis et l'Iran ne signe "pas le retour de la paix, mais le retour de la diplomatie", estime le politologue Hasni Abidi

Donald Trump et un médiateur pakistanais ont annoncé un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Le président américain a affirmé dimanche que le détroit d’Ormuz allait rouvrir, tandis que Téhéran a confirmé "la fin immédiate" de la guerre, "y compris au Liban".

"Le Liban encore une fois otage du jeu des puissances"

Mais le Liban apparaît particulièrement vulnérable dans le cadre de cet accord, selon le chercheur. "Si Israël ne se retire pas, cela donne une nouvelle légitimité au Hezbollah pour ne pas remettre les armes", explique Karim Émile Bitar, ajoutant que "le Liban se retrouve encore une fois otage du jeu des puissances". Il craint qu'il soit "la victime expiatoire de cet accord". Si l'État hébreu doit se retirer de la zone tampon au Sud-Liban qu'il occupe toujours illégalement, le Premier ministre Benjamin Nétanyahou devra rendre des comptes à sa population à qui il a promis d'éradiquer ses ennemis aux frontières.

Selon le chercheur de l'IRIS, "les gardiens de la révolution sont aux commandes" en Iran et pourraient "contraindre le Hezbollah à renoncer à ses frappes contre Israël". En revanche, côté israélien, "il n’est pas certain qu’en année électorale, Nétanyahou accepte d’obéir aux injonctions de Donald Trump". Des négociations doivent s’ouvrir dans un délai de 60 jours pour parvenir à un accord définitif, portant notamment sur la levée des sanctions, le dossier nucléaire, la reconstruction et le développement économique de l’Iran, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de suivi des engagements.

🔴 Iran : un accord de paix a été conclu ➡️ "Quel que soit le narratif qu’on adopte, les États-Unis se sont heurtés à un mur. Cette guerre a été très contre-productive. Le simple fait que le régime ait résisté […] lui permet de crier victoire", selon Karim Emile Bitar pic.twitter.com/wtAVGXXKb3

Pour Karim Émile Bitar, "les États-Unis se sont heurtés à un mur" et "cette guerre a été très contreproductive", le régime iranien pouvant "crier victoire" pour avoir résisté. Enfin, le chercheur rappelle qu'au final "les principales victimes sont [...] les Iraniens qui continuent de croupir dans les geôles du régime" ainsi que "les habitants du Sud-Liban qui ne vont pas retrouver leur domicile". "Le Liban risque d'être déstabilisé dans la durée, même si cette guerre dans le Golfe prend fin", conclut-il.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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