« Le destin de ces enfants ne tient qu’à un fil »… « Ulysse » suit l’odyssée de la mère d’un enfant handicapé
Lætitia Masson dirige son fils « différent » dans un film lumineux
Avoir un enfant « différent » n’est pas une sinécure. C’est ce que laisse clairement comprendre Lætitia Masson dans le magnifique Ulysse, découvert dans la section Un Certain regard au Festival de Cannes. Une mère, incarnée par Élodie Bouchez, lutte contre l’adversité pour élever son fils (joué par Alphonse Roberts, celui de la réalisatrice).
« Ce qui est vraiment réel et qui est vraiment très fidèle à ce que j’ai connu ou en tout cas ressenti, c’est toute la partie confrontation au système, explique Lætitia Masson. Ce sont des scènes que j’ai vraiment vécues. Et au moment où je les vivais, je me disais que c’étaient des scènes de film, tellement c’était absurde, voire burlesque parfois, derrière le tragique. » Elle a choisi la légèreté pour mieux faire comprendre la gravité du sujet et on rit souvent avec cette maman déterminée à défendre son rejeton.
Mère et père
Si la réalisatrice a inventé la relation entre la mère et son époux musicien débordé interprété par le trop rare Stanislas Merhar, elle s’est appuyée sur ses constatations pour parler de ce père affectueux mais incapable de gérer le handicap de son enfant. « Ce sont souvent les mères qui s’occupent de leur enfant handicapé, précise-t-elle. Pour le film, j’ai inventé un personnage de père incapable de prendre les choses en mains parce qu’il est trop ému, trop sensible. Il comprend son fils mais n’est pas en mesure de l’aider. Il a, lui aussi, une forme de handicap invisible. » Ce musicien célèbre aime pourtant sincèrement son garçon.
Source : 20 Minutes — voir l'article d'origine ↗