"D'un monde à l'autre" : une quête personnelle aux valeurs universelles
Matteu Maestracci évoque cette semaine les films "D'un monde à l'autre" de Jérémie Renier et "A second life" de Laurent Slama.
Jérémie Renier, comédien et réalisateur belge de 45 ans, raconte son voyage au bout du monde, littéralement, alors qu'il était endeuillé par la mort brutale et prématurée de son meilleur ami, l'acteur Gaspard Ulliel.
"D'un monde à l'autre" de Jérémie Renier
Le cinéaste souhaite, au départ, filmer l'explorateur Loury Lag dans sa prochaine mission en Arctique. Il décide de faire le voyage avec lui, dans des conditions éprouvantes avec sa caméra, sa voix off, du matériel adapté et l'aide du producteur Hugo Sélignac.
Jérémie Renier va tout raconter de cette aventure dans ce documentaire de 74 minutes, sans rien occulter ni romancer, dans un mélange à la fois de totale transparence et de grande pudeur.
Jamais mièvre ni nombriliste, tourné dans un décor forcément sublime, D'un monde à l'autre touche, en grande partie, parce que son auteur a su faire d'une démarche et d'un deuil très personnels quelque chose qui devient universel.
"A second life" de Laurent Slama
Le film se déroule sur quelques heures seulement, à Paris, pendant les Jeux Olympiques de 2024. Le film a d'ailleurs été tourné pendant les JO, ce qui donne une ambiance électrique et agréable à la fois, et un aspect quasi documentaire.
On suit Elizabeth, jeune américaine malentendante, jouée par Agathe Rousselle (vue dans Titane). Employée dans une conciergerie, elle guide les touristes vers leurs locations. C'est un personnage qui, clairement, va mal et préfère la solitude. Tout change lorsqu'elle tombe sur Elijah, un américain aussi prolixe qu'elle est taciturne. Évidemment, les choses ne sont pas aussi évidentes qu'en apparence. Laurent Slama adore tourner dans Paris, et la ville devient ici un personnage à part entière du film.
Autour d'une histoire assez simple, A second life séduit surtout par ses images, sa lumière, ses ambiances qui nous replongent dans une certaine indolence de cet été-là, et nous rappelle, s'il en était besoin, la beauté de la capitale au coucher du soleil.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗