✨ Nouveau · des dizaines de salons français actifs 24h/24 — voir les salons →
💻 Tech

Et si la future 2CV électrique était un pari trop gros pour Citroën ?

La future 2CV électrique pourrait être le coup de génie dont Citroën a besoin. Ou son pari le plus casse-gueule depuis longtemps. Ce futur modèle est passé à la casserole de l'édito Watt Else du 11 juin 2026.

Citroën compte faire revivre le mythe de la « deudeuche » d’ici à 2028. Certains diront que Renault a réussi le défi du néo-rétro et qu’il n’y a donc aucune raison que Citroën échoue. J’ai beau avoir foi en Xavier Chardon, nouveau patron de la marque, la question reste entière : n’a-t-il pas placé la barre un peu trop haut ?

Il n’est bien sûr pas question d’enterrer trop vite cette initiative. Au contraire,le marché a besoin de ces véhicules électriques capables de sortir du copier-coller stylistique et technique devenu la norme. Toutefois, quelques inquiétudes me tenaillent.

L’excitation pour ce projet est palpable en interne

Avant même la grand-messe du plan stratégique (FaSTLAne) de Stellantis le 21 mai 2026, Xavier Chardon préparait déjà les esprits au grand retour de la 2CV au fil d’interviews accordées à la presse étrangère depuis le début de l’année. L’ambition affichée ? Une petite citadine électrique simple, abordable (15 000 €) et calibrée pour l’Europe, sans céder à la nostalgie facile. Il s’agit de proposer un véritable retour à l’essentiel, même si des compromis seront nécessaires pour les clients. Le tout sera fabriqué en Italie.

Si les premiers bruits de couloir remontent à janvier 2025, le véritable déclencheur semble avoir été le discours d’Ursula von der Leyen sur les « e-cars ». En coulisses, l’enthousiasme d’Antonio Filosa et de Xavier Chardon est palpable : le design est d’ores et déjà gelé, le développement optimisé sur deux ans. Il ne reste plus qu’à patienter jusqu’au Mondial de Paris pour découvrir la silhouette de cette 2CV du futur.

Un pari réglementaire ultra-risqué

Si la réinterprétation esthétique d’un tel mythe divisera forcément les puristes, c’est un tout autre angle qui me turlupine. Le groupe Stellantis mise tout sur l’idée que l’Europe adopte un cadre réglementaire pour l’« e-car » calqué sur sa propre vision. À ce niveau d’anticipation, on peut légitimement se demander si Citroën ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir abattu.

Car dans les faits, personne ne sait vraiment à quoi ressemblera cette fameuse « e-car » européenne. Lors de la Journée de la filière automobile en novembre dernier, chacun défendait sa propre vision du projet. Renault avait la sienne, Stellantis une autre, et la Commission européenne semblait encore hésiter entre plusieurs trajectoires. Tout le monde s’accorde sur l’objectif de réduire les coûts en allégeant certaines contraintes réglementaires, mais dès qu’il s’agit d’entrer dans les détails, les divergences réapparaissent.

Entre les déclarations d’Ursula von der Leyen et les discussions qui ont suivi, les contours du projet ont déjà évolué. Si les États membres nous gratifient d’une énième volte-face, comme on l’observe sur l’objectif 2035, la « Deuche » se retrouvera purement et simplement le bec dans l’eau.

Néo-rétro : le modèle de trop ?

En mon for intérieur, je crains que cette 2CV ne soit la résurrection tricolore de trop dans un calendrier déjà saturé de nostalgie. Le filon a fonctionné à merveille pour la R5, la future Twingo semble sur de bons rails, mais la R4 peine déjà davantage à transformer l’essai. Alors, la « Deuche » va-t-elle se prendre les pieds dans le tapis ? On m’accusera probablement de faire deux poids, deux mesures entre Renault et Citroën. En réalité, la question est de voir si le public ne va pas arriver à overdose.

Il suffit de lire les réactions sous le premier teaser pour voir que l’enthousiasme n’est pas unanime. La curiosité domine encore, mais une certaine lassitude face à cette tendance commence à apparaître. C’est sans compter sur les doutes autour de la viabilité du projet. Et comme des requins flairant une goutte de sang autour d’un radeau de rescapés, la communauté des sceptiques est déjà prête à bondir à la moindre maladresse.

Pour la marque aux chevrons, cette 2CV est une stratégie à double tranchant. Si elle réussit, Citroën tiendra enfin sa revanche. Si elle échoue, elle démontrera qu’à force de ressusciter les légendes, on finit parfois par réveiller les fantômes. Les équipes de Citroën ont encore quelques mois pour transformer ce pari fou en un véritable succès commercial. Bonne chance !

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information. C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Source : Numeramavoir l'article d'origine ↗

Ton avis sur cette actu ?

Rejoins un salon et lance le débat.

Entrer au chat →