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A la manifestation No-G7 de Genève, une "convergence des luttes" pour protester contre le sommet d'Evian

Plusieurs milliers de personnes ont défilé sous une chaleur écrasante, dimanche, à la veille de l'ouverture du G7 à Evian, de l'autre côté du lac Léman.

A gauche, une batucada, sorte de fanfare composée de percussionnistes. A droite, un haut-parleur hurle : "Gaza, on ne t'oubliera pas !" Plus loin, un chant monte dans la foule : "Tout le monde déteste le G7 !" Le parc Mon-Repos de Genève portait bien mal son nom, dimanche 14 juin, au départ de la manifestation organisée par la coalition No-G7. Malgré la forte chaleur, des milliers de militants se sont rassemblés sur la rive droite de la ville suisse, à l'appel d'environ 200 organisations.

Ils ont défilé derrière divers slogans pro-palestiniens, anticapitalistes, écologistes ou féministes. "Tout ça va ensemble : là-bas, c'est la globalisation et la guerre, ici, c'est le monde pacifiste", affirme Samuel, en pointant la rive française du lac Léman, où se tiendra le sommet du G7 dans vingt-quatre heures. Comme son ami Laurent, le Suisse venu de Neuchâtel arbore un keffieh autour du cou, symbole de son soutien à la Palestine.

Tous les mouvements participant au rassemblement "font partie de l'altermondialisme", estime Laurent. "On change de label, mais c'est la même chose : c'est une convergence des luttes", abonde Samuel.

"Manifester contre les capitalistes du monde entier"

Plus loin, Roberto, un Suisse-Allemand, est venu manifester contre le blocus de Cuba par les Etats-Unis. "Les Cubains sont en train d'être asphyxiés à cause de l'impérialisme américain", dénonce-t-il, en tenant une large banderole. "On est là pour manifester contre les capitalistes du monde entier, qui se réunissent à Evian à travers ce sommet du G7", insiste le manifestant. "Il y a vingt ans, on voulait nous faire croire que la globalisation était quelque chose de positif pour tout le monde, même les pays pauvres. Aujourd'hui, on voit bien que le capitalisme est féroce."

"Je crois qu'on sera entendus à Evian. Ils vont voir qu'il y a des gens qui vont dans la rue, qui résistent : c'est important."

"On proteste contre le fait que sept dirigeants décident de notre avenir sans nous consulter", explique de son côté Justine, une travailleuse frontalière française venue avec son amie Erica. Les deux jeunes femmes participent "surtout pour la Grève féministe", qui défile chaque 14 juin à travers la Suisse. Cette année, les organisateurs ont décidé d'unir leurs voix avec celles de la marche No-G7. "Plus on est nombreux ici, plus on montre que notre fonctionnement est plus démocratique dans cette manifestation qu'au sommet", juge Justine.

Le défilé, qui longe les quais, se déroule sous l'œil curieux de baigneurs venus se rafraîchir dans le lac Léman. Mais aussi sous l'étroite surveillance des policiers, mobilisés massivement depuis deux jours pour éviter tout débordement. Car Genève garde un très mauvais souvenir de la précédente manifestation des altermondialistes, en 2003. La ville romande avait été le théâtre de pillages et d'affrontements entre groupes violents et forces de l'ordre, en marge d'une marche contre le sommet du G8 – dont la Russie faisait encore partie – à Evian.

"C'est une vitrine pour certains activistes" : le patron du renseignement territorial dévoile les menaces qui pèsent sur le G7 à Évian

Cette fois, les autorités ont limité le parcours de la manifestation à la rive droite, loin des luxueuses boutiques du centre-ville. Alors que le cortège remonte lentement vers le nord, un camion de pompiers fait soudain irruption, suivi par des policiers lourdement armés. Une voiture – une Tesla, selon l'AFP – brûle non loin du défilé.

"On est contre la violence et toute casse", tient à rappeler Erica, au cœur du cortège. "Il y a une minorité de personnes qui veulent mettre le bazar, mais nous, on est là pour porter un message, poursuit la jeune Française. On ne peut pas être antimilitariste et commettre des violences." De l'autre côté du carrefour, le patron d'un des rares commerces ouverts regarde passer les militants, attablé devant sa vitrine barricadée de planches. "Pour l'instant, c'est plutôt calme. C'est quand la nuit va tomber que ça va chauffer", redoute-t-il.

Une déclaration prémonitoire ? En début de soirée, des affrontements ont éclaté entre manifestants anti-G7 et forces de police aux abords des bureaux de l'ONU. Des bouteilles, morceaux de ciment, pétards et pierres ont été jetés vers les forces de l'ordre, qui ont répondu avec des grenades lacrymogènes. Le bâtiment de PricewaterhouseCoopers et le siège de l'Union internationale des télécommunications (UIT) ont également été visés, avant que le rassemblement ne soit dispersé. Selon La Tribune de Genève, les autorités ont toutefois assuré, vers 21 heures, que le calme avait été rétabli et que seuls des dégâts "minimes" avaient été constatés.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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