Jack White en concert à l'Olympia : retour en cinq chansons sur la carrière prolifique d'une légende du rock
L'ancien chanteur des White Stripes, qui a publié il y a peu plusieurs extraits de son nouvel opus, sera sur la scène de l'Olympia samedi et dimanche. L'occasion de se (re)plonger dans sa très riche discographie.
Entre autres talents, Jack White a le génie du marketing. En 2024, son album No Name avait été déposé discrètement dans le sac de clients de son label, Third Man Records. Cette fois, la surprise s'est glissée, non sans humour, dans une vidéo du label, publiée lundi 8 juin. Une discussion sur les stratégies à adopter pour une sortie de disque, soudainement interrompue au bout de vingt minutes par un extrait d'un morceau inconnu. Intitulé Dollar Bill, il est mis en ligne le surlendemain, mercredi 10 juin.
La sculpture, signée Jack White, s'appelle Frozen Charlotte. Elle a donné son titre au nouvel album, sorti en prévente le même jour sur le site du label. Il paraîtra le 10 juillet et comportera deux autres morceaux révélés récemment, G.O.D And The Broken Ribs et Derecho Demonic. De quoi allonger encore un peu plus la discographie pléthorique d'une légende du rock. Intronisé au Rock & Roll Hall Of Fame en 2025, Jack White multiplie les genres, les groupes et les albums. Du blues au punk-rock, des White Stripes aux Raconteurs, voyage en 5 chansons dans plus de vingt-cinq ans de création débridée.
1 "Jolene" - The White Stripes (2004)
Rouge, blanc, noir. Une batterie, une guitare, une voix. Un rock garage à la fois dépouillé et parfaitement abouti. Jack White, c'est avant tout et pour toujours les White Stripes. La saveur simple d'un blues âpre, épicée de musique populaire américaine, relevée d'un soupçon d'énergie punk. Le tout porté par le hurlement d'une guitare en fibre de verre que Jack White triture comme personne avant lui. Tous ces ingrédients se retrouvent dans Jolene, relecture poignante d'une chanson de Dolly Parton, icône de la musique country.
En 2004, quand sort le DVD Under Blackpool Lights, concert filmé en Super 8, le duo de Détroit est au sommet de sa popularité. Jack et son ex-femme Meg White, dont il a pris le nom en 1996, viennent de sortir leur quatrième album, Elephant. Et un tube planétaire : Seven Nation Army. Mais devenir des stars n'a pas changé leur projet musical : réinventer la simplicité du rock des origines pour créer une musique inédite. Cette double quête irrigue toute la carrière de Jack White.
2 "Steady, As She Goes" - The Raconteurs (2006)
"Mais pourquoi ?", se demande la planète rock en 2006. Pourquoi créer un autre groupe alors que les White Stripes sont en pleine gloire ? La réponse paraît évidente dans ce clip potache du premier single de The Raconteurs : Jack White s'amuse. Avec des musiciens qui ont participé comme lui à la renaissance du rock à Détroit, il brise le carcan minimaliste des White Stripes et lorgne du côté des sixties, des Kinks et des Who. The Raconteurs, c'est le temple dans lequel Jack White peut célébrer ouvertement son culte des héros passés.
Un manifeste rétro, spontané et sincère, mais que certaines critiques jugent sans identité propre. Qu'importe : Jack White poursuit son voyage dans l'histoire de la musique américaine. Cette même année, il déménage sa bande et sa famille à Nashville, Tennessee. C'est à "Music City", capitale de la country, que le guitariste et chanteur va en quelques années multiplier les projets, créer un studio d'enregistrement et devenir un producteur respecté et prolifique.
3 "Hang You From The Heavens" - The Dead Weather (2009)
La bombe rock de 2009 s'appelle The Dead Weather. Le nouveau groupe de Jack White est presque improvisé, glissé dans son agenda surchargé. En 2008, il a signé le générique du dernier James Bond avant de partir en tournée avec The Raconteurs. Entre deux concerts, dans les premiers jours de 2009, une jam session s'organise chez Third Man Records. Elle réunit Alison Mosshart, chanteuse de The Kills, Jack Lawrence, le bassiste des Raconteurs et Dean Fertita, organiste et guitariste des Queens Of The Stone Age. Pour l'occasion, Jack lâche sa guitare et revient à ses premières amours : la batterie.
La "jam" devient un album, Horehound, sorti à la va-vite. À l'image du single Hang You From The Heavens, la musique agressive et sensuelle de ce "supergroupe" doit beaucoup à la prestation vénéneuse d'Alison Mosshart. Jack White, chanteur sur quelques morceaux, se concentre surtout sur ses fûts, avec brio. Les citations psychédéliques ne manquent pas mais cette fois, le son saturé, gras, lourd, est résolument contemporain.
4 "Freedom At 21" (2012)
Riff imparable, batterie trafiquée, solo halluciné et voix torturée. Tout dans Freedom At 21 est du pur Jack White. Son premier album solo, Blunderbuss, est sorti en 2012, un an après la fin définitive des White Stripes. L'influence du duo est encore très présente, mais d'autres morceaux portent la marque des Raconteurs. De Neil Young. Ou de Bob Dylan. Une synthèse, la preuve de la maîtrise absolue du grand Jack saluent ses fans. Une simple compilation de toutes ses influences, pour ses détracteurs.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗