Plateforme "Classés sans suite" : "C'est pour montrer le caractère hyper massif mais aussi systémique des violences" sexuelles, explique sa créatrice Eve Simonet
Les internautes qui se connectent sur la plateforme "Classés sans suite", peuvent venir témoigner "même si elles n'ont pas déposé plainte" alors "qu'elles ont été victimes".
"On est à plus de 4 200 témoignages, à plus de 120 000 personnes qui se sont rendues sur la plateforme, il y a beaucoup de personnes qui se sentent concernées", réagit dimanche 14 juin sur franceinfo Eve Simonet, réalisatrice, et créatrice de la plateforme "Classés sans suite", en pleine affaire Lyhanna. "C'est aussi pour montrer le caractère hyper massif mais aussi systémique des violences" sexuelles et sexistes, étaye-t-elle. "Et c'est pour ça qu'en plus des signalements, on a compilé" toutes les informations "sur une carte interactive de France où on peut voir par ville le nombre de signalements et ce qui s'est passé".
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Ceux qui se connectent sur la plateforme "Classés sans suite", peuvent venir témoigner "même si elles n'ont pas déposé plainte" alors "qu'elles ont été victimes". Dans ce cas de figure cela représente "plus de 50 % des témoignages". Ces personnes racontent avoir "eu peur de leur famille". Il y a aussi de "la pression", la "peur de ne pas être crues" peur de subir la "victimisation secondaire" quand la police n'est pas assez à l'écoute des victimes. "Donc en fait, c'est tout un système qui ne fonctionne pas et qui abandonne les personnes qui sont victimes en réalité", s'indigne Eve Simonet.
Passer "de la présomption d'innocence du potentiel agresseur à la présomption de véracité de l'enfant"
Ève Simonet a elle-même été victime d'inceste de la part de son grand-père. Elle est allée porter plainte au commissariat avec sa mère, mais elle n'a pas été écoutée. "J'avais six ans, c'était en 2001, la plainte a été prise par des policiers qui ont tout de suite pensé que je mentais, raconte-t-elle. Ils m'ont renvoyée vers un pédopsychiatre qui m'a analysée, et qui a dit de moi que j'étais une petite fille très jolie, séductrice et que j'étais en plein complexe d'Œdipe et que ça réactivait chez moi un intérêt pour la sexualité des adultes. Ma plainte a été classée sans suite".
Selon elle, "pour les faits d'agressions concernant des mineurs, il faut passer de la présomption d'innocence du potentiel agresseur à la présomption de véracité de l'enfant, ça me semble tellement important. On ne pourra pas changer les choses tant que ce n'est pas le cas", soutient la fondatrice de la plateforme "Classés sans suite".
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗