Vestiges d'un sanctuaire dédié à la déesse Sequana, restes d'offrandes... En Côte-d'Or, un chantier de fouilles aux sources de la Seine
Ouvert au public samedi et dimanche à l'occasion des Journées de l'archéologie, le terrain de fouilles près de Dijon offre de nombreuses surprises, entre temple antique et traces d'offrandes.
Les traces du passé ont aussi le droit à leur festival. La 17e édition des Journées européennes de l'archéologie ont lieu le week-end des 13 et 14 juin. Une vingtaine de chantiers de fouilles sont exceptionnellement ouverts au public, à l'image du sanctuaire gallo-romain des sources de la Seine, sur la commune de Source-Seine près de Dijon, en Côte-d'Or.
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Près de 2 000 ans plus tôt, on venait y prier la déesse du fleuve afin de guérir de ses maladies. Le fleuve qui traverse Paris, Rouen et Le Havre n'est ici qu'un ensemble de ruisseaux sortis d'une forêt. Au bord de cette eau ruisselante, Loïc Gaëtan, archéologue à l'Inrap (Institut national d'archéologie préventive), explique que "le sanctuaire des sources de la Seine, sanctuaire gallo-romain, [a été] aménagé au début du Ier siècle de notre ère et occupé jusqu'à la fin du IVe siècle de notre ère".
En 1864, la ville de Paris achète le terrain pour préserver les vestiges et créer un parc s'inspirant des Buttes-Chaumont. Plusieurs campagnes de fouilles aux XIXe et aux XXe siècles explorent le site. Loïc Gaëtan, qui conduit les nouvelles fouilles, ne cache pas son enthousiasme devant la trouvaille : "On pourrait se dire 'c'est fini, il n'y a plus rien à retrouver', sauf qu'on s'aperçoit que ce site n'a pas été fouillé entièrement. Nos premiers résultats au bout de quatre jours montrent que si l'on étend un tout petit peu l'investigation sur des structures, des sols, on s'aperçoit que les dernières fouilles n'ont pas vu ces éléments. On retrouve vraiment les éléments antiques sur place."
Des vestiges menacés
Sous les brosses et les truelles des archéologues, des bassins ressortent de terre, laissant entrevoir les premiers restes d'un temple présumé. Avec d'autres archéologues ou des étudiants, Marie-Agnès Widehen dégage un mur de pierres, sur lequel "on voit bien les perturbations des racines, qui ont de la force pour soulever les pierres. On essaye de mettre de l'ordre dans tout ça", détaille l'archéologue. "On a plusieurs souches, c'est à nous de retirer ce qui concerne les souches et tout ça. C'est un peu du bûcheronnage de temps en temps", complète Loïc Gaëtan.
Si le site n'est pas mis en péril par des projets de travaux, une autre menace pèse sur les vestiges. "Aujourd'hui, le changement climatique agit aussi sur les vestiges archéologiques. Les périodes de sécheresses fortes qui n'existaient pas dans la région se font sentir aujourd'hui, la nappe phréatique est un peu plus basse, et donc effectivement les vestiges en bois sont en train de disparaître", alerte Dominique Garcia, président de l'Inrap.
Sur ce site, les précédentes fouilles ont permis la découverte d'une exceptionnelle collection d'objets d'offrandes données à la déesse Sequana pour lui demander une guérison. Des statues en bois, pierre ou métal de personnages, d'organes internes, des membres ou encore des dizaines de plaquettes figurant des yeux… Leur pouvoir de soins fait-il encore effet ? Difficile de le garantir, mais ces précieux objets valent le coup d'œil.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗