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Édito. Du général de Gaulle à Emmanuel Macron, Versailles reste la carte maîtresse de la France pour épater la galerie

Emmanuel Macron reçoit Donald Trump à Versailles avec tous les honneurs, dans la droite ligne d'une tradition diplomatique ancienne. Un choix qui vise à impressionner le président américain, mais qui interroge aussi sur le goût français pour la mise en scène du pouvoir.

Emmanuel Macron accueille, mercredi 17 juin dans la soirée, Donald Trump au château de Versailles pour une réception qui s’annonce fastueuse. Oui, Messire, soirée ripaille au château. Au menu, pas de poularde, mais un dîner de gala avec visite de la galerie des Glaces et feu d’artifice. Bref, le grand jeu, et ça marche : ça brille, donc ça plaît à Donald Trump ! Quelle autre démocratie moderne accueille ses hôtes dans un cadre aussi fastueux que Versailles, l’authentique, pas une réplique façon Las Vegas ? Aucune. La France fait exception, comme si, en perpétuant ce rituel monarchique, elle n’en finissait pas de s’excuser d’avoir coupé la tête d’un roi…

Emmanuel Macron a donc mis les petits plats dans les grands pour ménager les sautes d’humeur d’un autre "King", Donald Trump, et s’assurer que, contrairement à 2025 au Canada, il reste cette fois jusqu’à la fin du G7.

Donald Trump n’est pas le premier invité d’Emmanuel Macron à avoir droit aux honneurs de Versailles. Vladimir Poutine a pu profiter de ce privilège , à la fin du mois de mai 2017. Le maître du Kremlin avait déjà annexé la Crimée, mais pas encore envoyé ses chars à l’assaut de Kiev. Emmanuel Macron l’avait accueilli en grande pompe à Versailles pour une rencontre plutôt glaciale. Le chef de l’État avait dénoncé les manœuvres d’ingérence russe lors de la présidentielle toute récente, et Vladimir Poutine s’était félicité d’avoir reçu Marine Le Pen à Moscou en pleine campagne. Deux têtes couronnées ont suivi : l’empereur du Japon Naruhito en 2018, puis le roi Charles III en 2023.

Une tradition diplomatique bien ancrée

Le chef de l’État ne fait que prolonger l’usage de tous ses prédécesseurs. Le général de Gaulle avait reçu à Versailles un autre président américain, celui-là très populaire en France et en Europe, John Kennedy, et son épouse Jackie. Tout au long de la Ve République, de nombreux chefs d’État étrangers, et pas tous de grands démocrates, ont défilé au château, du shah d’Iran à Xi Jinping, en passant par Léonid Brejnev ou le colonel Kadhafi.

Le décor de ce rite colle à l’étiquette de notre monarchie républicaine. Pour l’étranger, c’est une vitrine patrimoniale, synonyme d’excellence et de luxe à la française, et pour le président, l’occasion d’une démonstration de puissance symbolique pour épater la galerie… des Glaces, évidemment. Comme s’il se prenait lui-même un peu pour Louis XIV.

Au risque d’en faire un peu trop et de froisser l’opinion. En juin 1982, François Mitterrand avait accueilli le sommet du G7 pendant trois jours dans le château, avec un faste dont les excès juraient avec les engagements du nouveau pouvoir socialiste. Emmanuel Macron n’est pas moins démonstratif. Il est le président qui a organisé le plus d’événements à Versailles, notamment ses sommets annuels "Choose France". Comme si, lui aussi, espérait profiter jusqu’au bout des rayons du Roi-Soleil, même lorsque son règne approche du couchant.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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