"Ils apportent les bateaux, puis le groupe court jusqu'à la mer" : la Belgique, nouvelle route migratoire pour rejoindre l'Angleterre
L'Union européenne met en place une nouvelle politique plus restrictive faisant reculer le droit d’asile, ouvrant des voies d’accès légales pour les besoins de main-d’œuvre, rapporte la Commission. Alors que la France a renforcé la surveillance le long de la côte face au Royaume-Uni, la police belge se retrouve confrontée à des situations d’urgence face à l'afflux de migrants.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Ces images, jamais les policiers belges ne les avaient filmées avant cette année : un bateau, transportant une vingtaine de migrants, tente de rejoindre le Royaume-Uni. Ils viennent de Calais (Pas-de-Calais) ou Grande-Synthe (Nord) et empruntent une nouvelle route depuis la Belgique. Au total, 66 kilomètres de côte, de plus en plus prisées des passeurs. Un relief que le maire de Middelkerke (Belgique), Jean-Marie Dedecker, connaît par cœur. "Par ici, il n'y a que des dunes. Il y a des kilomètres de dunes à deux côtés de la route. Donc c'est assez facile pour débarquer les bateaux", observe-t-il.
Depuis janvier, sa commune voit elle aussi passer des candidats à la traversée. "Il y a toujours un groupe qui vient avant, d'environ six à huit personnes. Vraiment des jeunes, des hommes forts, de 20 à 25 ans. Ils gonflent les bateaux, puis ils apportent les bateaux, puis le groupe court jusqu'à la mer. Et une fois qu'ils sont dans la mer, ils sont dans le bateau, on ne peut plus les toucher", détaille Jean-Marie Dedecker.
La côte française devient une forteresse
En Belgique, les autorités n'interviennent qu'en cas de détresse, comme on le voit sur une vidéo filmée à la fin du mois mars. Une vingtaine de personnes ont été secourues, alors que leur embarcation commençait à couler. Les forces de l'ordre sont aussi moins nombreuses que sur les côtes belges.
Car depuis les accords franco-britanniques pour endiguer les traversées, peu à peu, la côte française devient une forteresse où d'importants moyens sont déployés. À Grande-Synthe, beaucoup disent avoir tenté plusieurs fois, en vain. "J'ai essayé deux fois. La police, c'est un truc de fou. Il y a des policiers partout", raconte un homme. "Moi, j'ai tenté trois fois, mais il y avait la police", témoigne un autre.
Alors, certains traversent la frontière juste avant le départ. Quelques kilomètres qu'ils parcourent en bus, en voiture ou parfois même en taxi. Bien souvent, seules 15 à 20 personnes embarquent, avant de longer la côte jusqu'en France et de récupérer le reste du groupe pour rejoindre le Royaume-Uni. Sur les 700 personnes qui ont tenté ce trajet depuis janvier, 500 ont réussi. Alors, dans les dunes patrouille désormais la cavalerie de la police fédérale, à la recherche du moindre indice qui pourrait indiquer la présence de migrants. "Des sacs à dos, des vêtements qui restent, des bouées, des gilets de sauvetage, ce genre de choses", énumère Tiphanie Cretser, 1er inspecteur de la Cavalerie de la police fédérale belge.
Une surveillance sur trois fronts
Leur repérage est appuyé dans le ciel par l'avion de Frontex, l'Agence européenne de contrôle des frontières, et une stratégie de surveillance sur trois fronts. "D'abord, ils entrent par l'autoroute, alors on essaie de les arrêter là-bas à l'aide de caméras qui reconnaissent les plaques des véhicules. Puis, entre l'autoroute et la côte, on fait des patrouilles. Enfin, la dernière zone qu'on surveille, c'est la plage avec des drones", explique Christian de Ridder, le chef de corps adjoint de la zone de police Westkust.
La police belge dit aussi bientôt prévoir des patrouilles communes avec la France, avec qui elle collabore déjà étroitement, pour obtenir des renseignements.
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Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗