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"Ça parle d'un sujet qui préoccupe notre génération" : on vous raconte le succès surprise d'"Obsession", le film d'horreur indépendant qui captive les jeunes cinéphiles

Sorti le 13 mai en France, ce long-métrage à petit budget s'est imposé comme un des grands films d'horreur de l'année. Une performance en partie liée aux discussions qu'il suscite sur les réseaux sociaux autour des notions de consentement et d'emprise.

C'est le phénomène qui obsède le box-office. Le film d'horreur indépendant Obsession est un véritable carton depuis sa sortie, le 13 mai en France et le 15 mai aux Etats-Unis. En un mois, il a dépassé les 287 millions de dollars de recettes au niveau international, dont presque 200 millions aux Etats-Unis, et pourrait devenir un des films américains les plus rentables, avec un budget de 750 000 dollars.

Passé par le Festival international du film de Toronto, en septembre, Obsession raconte l'histoire de Bear, un jeune homme d'une vingtaine d'années, mal dans sa peau, éperdument amoureux de son amie Nikki. Timide, il ne parvient pas à le lui avouer. En cherchant un cadeau pour son anniversaire, il tombe sur un objet magique, dans une boutique, qui promet de réaliser tous ses plus grands souhaits. Il fait alors le vœu que Nikki l'aime plus que tout au monde. Son sortilège fonctionne très rapidement. En un rien de temps, elle se retrouve devant sa porte, disposée à l'aimer pour toujours. Mais cette situation va virer à l'obsession.

Un youtubeur devenu réalisateur

"En étant actif sur internet, en faisant des vidéos humoristiques horrifiques, il a pu énormément s'entraîner, YouTube a été son terrain de jeu en amont."

"Il a eu tout le loisir de tester des choses, et il a eu la possibilité d'apprendre à réaliser des films avec un petit budget et une petite équipe", poursuit Marine Bohin. Grâce à ses premières expériences, le jeune réalisateur livre avec Obsession "un long-métrage extrêmement qualitatif", souligne-t-elle.

Cette maîtrise de la mise en scène est une force et les cinéphiles l'ont bien remarqué. "Je trouve ça exceptionnel qu'il vienne de YouTube, il est très talentueux et amène un peu de sang neuf dans le genre, ça fait du bien lorsqu'on est habitué à des réalisateurs très privilégiés qu'on voit sans arrêt", se réjouit Thibaud, un passionné de cinéma, auprès de franceinfo. "Il est encore loin du star system et ça plaît", affirme Clélia qui, avec son compte Lala Cinéma, s'adresse à des dizaines de milliers de personnes sur TikTok et Instagram. "C'est un profil qui change, qui a réussi à réaliser un film assez impressionnant avec un budget ridicule, c'est une prouesse", encense la créatrice de contenu.

"Quand j'ai vu ce film au cinéma, toute la salle vibrait"

Obsession ne rentre pas dans la case des films d'horreur mettant en scène des monstres ou des psychopathes. Le long-métrage de Curry Barker s'invite au sein d'un quotidien plutôt banal, dans lequel les spectateurs peuvent facilement s'identifier. Il évoque, subtilement, la masculinité toxique de Bear, qui se persuade d'être "un homme bien" jusqu'au bout.

Une situation qui peut être bien plus glaçante, pour les spectateurs, que des cris, des ombres et des "jump scares", fréquemment utilisés dans le cinéma d'horreur. "Quand on va voir un film d'horreur, on y va pour avoir une sorte de catharsis collective, pour vivre une expérience de groupe. Quand j'ai vu ce film au cinéma, toute la salle vibrait, c'était très impressionnant à voir", raconte Marine Bohin.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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