Gianni Infantino, le président de la FIFA qui fait passer la politique avant le foot
Si la FIFA doit être politiquement neutre, son président, Gianni Infantino, n'hésite pas à s'afficher avec des chefs d'État très controversés et ne cache pas son amitié avec Donald Trump. Fait-il passer les intérêts des puissants avant ceux des amateurs de football ?
Louis Augry, Luc Brisson, Nicolas Carvalho, Anaïs Crouts, Léa Szulewicz, Aliénor de Matos, Quentin Girardon
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Il sera au cœur de la Coupe du monde 2026 : Gianni Infantino, le patron de la FIFA. Un homme puissant, mais très critiqué pour sa façon de mêler football et politique. "L'intégrité et la FIFA sont des mots qui n'ont rien à voir. Infantino a une grande affinité avec les régimes autoritaires comme les États-Unis de Trump, la Russie, le Qatar", publiait un internaute le 9 juin.
Infantino auprès de chefs d'État et de dirigeants controversés
Alors, Gianni Infantino fait-il passer les intérêts des puissants avant ceux des fans de foot ? Fils d'immigrés italiens, le Suisse Gianni Infantino prend la tête de la FIFA en 2016. L'organisation est alors secouée par des scandales de corruption. Lui promet un renouveau : une fédération plus transparente et indépendante. "La politique doit rester en dehors du football et le football en dehors de la politique", affirmait-il le 1er mars 2018 à Téhéran (Iran).
Un engagement de courte durée, car très vite, il s'affiche ouvertement avec les grands de ce monde, comme le pape, des chefs d'État et des dirigeants parmi les plus controversés. En Russie, pour la Coupe du monde 2018, les ONG dénoncent une vague de répression et de violation des droits humains. Gianni Infantino, lui, préfère flatter Vladimir Poutine : "On m'a dit que les policiers de la Place Rouge sourient. Ils sont très aimables quand on leur demande des informations. C'est très bien, c'est exactement ça la Russie."
Proche de l'émir Al Thani et de Donald Trump
Même scénario en 2022, quand Gianni Infantino devient le défenseur central du Qatar. En marge des graves accusations qui visent le pays, il se montre en excellents termes avec l'émir Al Thani. Une proximité controversée, mais parfaitement calculée selon un expert. "Gianni Infantino, c'est un stratège. Aujourd'hui, qui a le pouvoir ? Ce sont principalement des dirigeants qui sont issus de régimes autoritaires. Et donc vous savez qu'en vous rapprochant de ces dirigeants-là, en ayant la relation la plus étroite et proche possible, vous êtes en capacité de faire valoir vos intérêts. Cette position, elle est gênante", analyse Jean-Baptistre Guégan, spécialiste en géopolitique du sport.
Mais aujourd'hui, le plus gênant reste son positionnement à l'égard de Donald Trump. Les deux hommes sont inséparables depuis 2018. Alors que FIFA doit être politiquement neutre. Pourtant Gianni Infantino était présent à l'investiture de Donald Trump. Et quand le prix Nobel de la paix échappe au président, il vient à sa rescousse, élu en romain, de la part de la FIFA. "Monsieur le président, c'est votre prix, votre prix de la paix. Il y a aussi une belle médaille pour vous", lui lançait-il le 5 décembre 2025 à Washington (États-Unis).
Alors que la Coupe du monde 2026 s'ouvre aux États-Unis, la proximité entre Gianni Infantino et Donald Trump risque de poser problème. Le patron du foot mondial n'a en tout cas pas tenu sa promesse de rester à l'écart de la politique.
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