Les maîtres du sumo de retour à Paris
Après 30 ans d'absence, les maîtres sumo sont arrivés à Paris. 25 000 spectateurs sont attendus à l'Accor Arena Bercy pour voir s'affronter les meilleurs du monde dans leur discipline.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Des colosses au pied de la Tour Eiffel. Chignon huilé, kimono ceinturé. "Je suis content que les Français s'intéressent à notre culture et à notre histoire", déclare Atamifuji, sumotori. Balade à Vélib, en métro, pose devant le Louvre pour ceux que l'on considère comme des demi-dieux au Japon. 15 siècles de tradition. Le sumo, une discipline culte. 62 rikishi, comprenez hommes forts, font trembler Bercy ce week-end. Les meilleurs du monde s'affrontent sur le dohyo. Un ring de terre, 25 000 spectateurs, la plupart déjà conquis. "C'est très intense, très peu de temps le combat, c'est très impulsif en fait. C'est impressionnant", décrit un spectateur. Pour en arriver là, une vie de sacrifice, d'entraînement et de repas gargantuesque.
8 000 calories par jour
Le chankonabe d'aujourd'hui est composé de boulettes de poulet, de radis blanc, de carottes et d'oignons. Plus de 8000 calories ingurgitées chaque jour, le rêve ? Approcher les 200 kilos. Seuls les lutteurs, les plus forts, les plus lourds, les mieux classés auront droit de se marier, d'avoir des enfants. Le sumo, c'est une histoire de rituels. Des poignées de sel sont jetées avant tout combat pour chasser les esprits du mal. C'est aussi une philosophie résumée dans un proverbe de quatre mots. Keizoku wa shikara nari : persévérance fait force.
Les Sumotori reproduisent des milliers de fois par jour les mêmes gestes. La règle du combat paraît simple, faire tomber son adversaire ou le sortir du cercle. "On peut soit être volontairement lent, soit accélérer délibérément. Il y a beaucoup de subtilité, ce n'est pas si simple", explique Hato Oka. En fait, il existe 82 prises différentes. Le sumo en France, c'est Jacques Chirac. Il l'a amené en 1995. Le président aimait ses valeurs, stratégie et puissance. Nicolas Sarkozy, lui, était plus mitigé. "Le sumo, ses combats de type obèse aux chignons gominés, ce n'est vraiment pas un sport intellectuel", déclarait-il. Pas certaine qu'il soit à Bercy ce soir face au maître de la discipline. Le tournoi se poursuit ce dimanche 14 juin.
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗