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⚽ Sport

La Coupe du monde de football... et les calculs des chefs d'État

L'actualité remise en perspective chaque samedi, grâce à l'historien Fabrice d'Almeida.

La Coupe du monde de football vient de débuter. Elle se déroule aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Certains en parlent comme de "la Coupe du monde de Donald Trump", le président américain. Ce n'est pas si fréquent que le nom d'un chef d'État soit associé à cet événement, et ce n'est pas toujours glorieux.

Coupe du monde 2026 : quel joueur de l'équipe de France êtes-vous ?

Le phénomène a commencé assez tôt dans l'histoire des Coupes du monde. Car après l'Uruguay en 1930, la deuxième édition se déroule en Italie, en 1934. Et le chef de l'État de l'époque n'est autre que Mussolini, le dictateur fasciste, qui intervient partout dans ce tournoi pour favoriser la victoire de son équipe. Le Duce a fait naturaliser de grands joueurs argentins d'origine italienne pour renforcer son effectif. Puis Mussolini a visiblement acheté les arbitres de plusieurs matchs, au point que l'un d'entre eux sera radié à vie. Le dictateur reçoit même à sa table, avant les matchs, l'arbitre désigné pour la finale et, de fait, cela aide la Squadra azzurra à remporter sa première coupe du monde, face à la Tchécoslovaquie cette année-là.

Le lien avec la politique ne s'est pas arrêté à cette époque. Pendant la Guerre froide, d'autres matchs ont eu une tension dramatique. Mais cette question de l'identité du régime politique est revenue près de 40 ans plus tard. En 1978, la junte militaire argentine reçoit la Coupe du monde. Le général Videla veut utiliser l'événement pour donner de la popularité à sa dictature brutale. Pour nous Français, cet événement suscite un débat politique très vif. Faut-il le boycotter ?

La polémique politique bat son plein, tandis que les Supporters, un groupe de musique, après avoir chanté Allez les verts, lance un nouveau tube : Allez les bleus.

Chirac en 1998, Poutine en 2018...

Vingt ans plus tard, sous la cohabitation, en France, en 1998, c'est Jacques Chirac qui surfe sur la Coupe du monde. Le président de la République fait oublier la majorité plurielle de Lionel Jospin. Il se rend au stade et feint de dire les noms des joueurs, qu'il ne connaît manifestement pas. Cela fait sourire, mais il sauve sans doute son siège malgré les nombreuses affaires qui lui sont reprochées. Lors de la garden party qui se tenait à l'époque chaque 14 juillet, tout le monde exulte et le président aussi, au point de confondre Coupe du monde et Coupe de France.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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