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Au fait, c’est quoi ChapsVision, la start-up choisie pour succéder à Palantir en France ?

L'entreprise française vient d'être désignée pour porter le projet OTDH, censé doter la France d'une alternative souveraine à Palantir. Mais la bascule s'annonce longue.

Le nom était attendu depuis des mois, le voilà enfin officiel.

ChapsVision a été retenue pour déployer sa plateforme ArgonOS dans le cadre de l’OTDH, l’Outil de Traitement de la Donnée Hétérogène, un partenariat d’innovation piloté par la DGSI pour doter la France d’un outil souverain de traitement massif de données.

Reste que l’identification du successeur de Palantir ne signifie pas un basculement immédiat. En décembre 2025, la DGSI a renouvelé pour trois ans son contrat avec l’entreprise américaine, partenaire depuis 2016 des services de renseignement français.

Interrogé par BFMTV, Matignon a d’ailleurs justifié ce renouvellement par la nécessité d’éviter un trou capacitaire. Le processus de sélection de ChapsVision n’était pas achevé en décembre, et ce délai doit permettre de former les équipes avant la migration. De son côté, Palantir a également assuré que son contrat de long terme avec la DGSI, « demeure pleinement en vigueur. »

L’annonce de Sébastien Lecornu marque donc moins une rupture immédiate qu’une étape : celle d’avoir enfin nommé l’alternative censée prendre le relais.

Concrètement, que fait Chapsvision ?

ChapsVision est une entreprise française, fondée en 2019 et se présentant comme spécialisée dans la « data intelligence » et l’IA agentique.

Concrètement, sa plateforme, ArgonOS, est conçue pour collecter, préparer et analyser des volumes massifs de données hétérogènes (documents, photos, vidéos, enregistrements audio…), quel que soit leur format ou leur source, puis pour en tirer des liens exploitables et, à terme, alimenter des agents IA capables d’assister des équipes ou d’automatiser certaines tâches.

L’appel d’offres, lancé en 2021, comportait deux lots : la préparation de la donnée, remportée par ChapsVision fin 2024, puis la modélisation, la sécurisation et la visualisation de cette donnée, remportée en juin 2026.

C’est donc ici que demeure la nouveauté, ArgonOS couvre désormais l’ensemble du périmètre. Son atout principal mis en avant par l’entreprise est sa souveraineté : la solution peut être déployée sur les serveurs propres d’un client, et le capital de ChapsVision est exclusivement détenu par des actionnaires européens, un argument central face à des offres jusqu’ici dominées par des fournisseurs extra-européens comme Palantir.

La société, qui réalise environ 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, revendique déjà des déploiements dans les services secrets allemands et dans des secteurs aussi variés que la pharma, la finance ou l’industrie.

Un scope plus large que la seule DGSI

Si l’annonce gouvernementale s’est concentrée sur le renseignement intérieur, l’adoption de ChapsVision déborde largement ce cadre.

Contactée par Numerama, l’entreprise précise que son implémentation sera interministérielle, un point qui dépasse le périmètre mis en avant par Matignon.

ArgonOS a vocation à devenir un socle technologique mutualisé pour plusieurs administrations publiques au-delà du seul ministère de l’Intérieur, à mesure que la phase de formation des équipes et de préparation de la migration avancera.

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Source : Numeramavoir l'article d'origine ↗

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