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Bateau intrus, fuites, valves… la fusée européenne Spectrum est poursuivie par la malchance

La patience est la vertu principale des passionnés d'espace, mais la start-up allemande Isar Aerospace commence à la mettre à rude épreuve.

Reverra-t-on en vol la fusée Spectrum un jour ? Certainement, mais il faut bien admettre que les efforts de la startup Isar Aerospace pour faire décoller son lanceur ne sont pour l’instant guère récompensés. Depuis le début de l’année, toutes les tentatives de départ ont été contrariées au dernier moment par divers pépins, essentiellement techniques.

Et la dernière tuile est toute récente : elle a eu lieu le 15 juin.

Encore un problème technique

Alors que la nouvelle fenêtre de tir venait tout juste de s’ouvrir, la jeune société allemande a finalement dû se résoudre à jeter l’éponge. Dans un message publié sur X, elle explique avoir décelé un « comportement non nominal dans les systèmes de fluides du véhicule. »

Les équipes sont dès à présent engagées dans l’analyse du problème pour l’isoler et apporter les corrections requises.

Après l’échec cuisant du tout premier vol de Spectrum en mars 2025 (qui s’était soldé par une explosion 30 secondes après le décollage), la start-up n’a tout simplement pas le droit à l’erreur pour cette mission de qualification baptisée « Onward and Upward » (Vers l’avant et vers le haut). À ce stade, aucune autre date de lancement n’a été avancée.

La chronologie des rendez-vous manqués

Ce nouveau contretemps s’ajoute à une liste déjà anormalement longue pour cette seule année. Isar Aerospace semble enchaîner les coups du sort, comme le détaille le suivi officiel de ses tentatives de tir :

L’Europe spatiale retient son souffle

Malgré ces reports à répétition qui mettent les nerfs des passionnés à vif, l’enjeu stratégique de ce vol reste immense.

Si Spectrum parvient enfin à s’arracher de son pas de tir situé à Andøya, en Norvège, elle entrera dans l’histoire en devenant la toute première fusée occidentale à réussir un vol orbital depuis le sol de l’Europe continentale. Jusqu’à présent, l’accès à l’espace pour le Vieux Continent reposait quasi exclusivement sur le port spatial de Kourou, en Guyane française.

Disposer d’une base opérationnelle en Norvège permettrait à l’Europe de s’offrir un circuit logistique court et une autonomie cruciale pour déployer les constellations de petits satellites de demain. La fenêtre de tir actuelle reste théoriquement ouverte jusqu’au 21 juin : reste à savoir si les équipes vont réussir à redresser le tir avant sa fermeture.

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Source : Numeramavoir l'article d'origine ↗

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