"Ce n’est pas rare, c’est unique" : un sac à main en cuir de T-Rex au cœur d'une vente à Paris
Le sac à main qui pourrait être en cuir de T-Rex était mis aux enchères jeudi 11 juin, à Paris, mais n’a finalement pas été vendu. Si son authenticité fait débat, il représente un enjeu scientifique pour les laboratoires.
Lors d'une vente aux enchères organisée à l'hôtel Drouot le 11 juin, un sac à main canalise l'attention. Une couleur bleuâtre, un aspect poreux, un design minimaliste… Son cuir aurait été réalisé à partir de peau de Tyrannosaurus Rex, le plus grand des carnivores disparus. "On a vécu Jurassic Park quand on était petit, il y a tout un idéal, il y a tout un imaginaire qui apparaît ! Je trouve ça assez fascinant", s'enchante une personne aux abords de la création.
Pour confectionner ce sac, des laboratoires disent avoir exploité un collagène présent dans le fossile d'un fémur de T-Rex, découvert aux États-Unis, dans le Montana, il y a 25 ans. Ils l'ont ensuite utilisé pour créer un ADN et fabriquer le cuir. Il a été mis à prix à 100 000 euros par la maison d'enchères Giquello, mais les propositions n'ont pas dépassé les 150 000 euros. Le sac n'a finalement pas été vendu à l'issue des enchères, le montant étant bien inférieur à l'estimation établie à 300 000 euros.
Des débats sur l'authenticité du cuir
"Ce qui est rare est cher. Mais là, ce n'est pas rare, c'est unique, assure Alexandre Giquello, le président de la maison Drouot qui a lui-même dirigé la vente. C'est dans le top 5 des objets les plus incroyables que j'ai pu voir en vingt-cinq années d'expérience. Ce n'est pas un objet d'art à proprement parler, mais c'est un tel prodige scientifique et intellectuel que j'ai tout de suite foncé dans l'aventure, même si elle est très incertaine."
Car l'authenticité du cuir d'un prétendu T-Rex disparu il y a plus de soixante-cinq millions d'années fait débat. Pour Regis Debruyn, qui travaille au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, les cellules extraites grâce aux fossiles sont peut-être effectivement issues du dinosaure qui a laissé cet os, mais pourraient aussi provenir d'autres éléments présents dans les restes. "On aura aucun moyen de confirmer cela ou de l'infirmer", résume le paléogénéticien.
Mais pour les laboratoires, l'enjeu est ailleurs, car ces matériaux de synthèse pourraient, à terme, remplacer les peaux animales dans le monde de la maroquinerie de luxe.
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Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗