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L'armée américaine ouvre une enquête après la destruction de réservoirs d'eau potable en Iran

Dans la nuit de mardi à mercredi, des infrastructures civiles ont été détruites dans le district de Bemani, près du détroit d'Ormuz. Les autorités iraniennes dénoncent un "crime de guerre".

Un possible crime de guerre en Iran ? Le Commandement central américain (Centcom) a annoncé à à CBS News qu'une enquête était en cours, après la destruction de deux réservoirs d'eau dans le district de Bemani (Iran), près du détroit d'Ormuz. Les autorités iraniennes accusent l'armée américaine d'avoir délibérément ciblé des infrastructures d'eau potable, dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juin, dans le cadre de frappes menées après la destruction d'un hélicoptère Apache patrouillant dans le Golfe.

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Mardi soir, plusieurs explosions sont signalées dans certains secteurs de la province d'Hormozogan, notamment à Kouhestak et Sirik. Peu après minuit, un correspondant local du média d'Etat Irib rapporte que l'eau potable est coupée dans le district de Bamani, après la destruction de deux réservoirs d'eau.

Vers 2 heures du matin, le directeur général de la société des eaux, Abdolhamid Hamzehpour, annonce que deux réservoirs de 2 000 m3 et 500 m3 ont été complètement détruits, alors qu'ils jouent un rôle-clé dans l'approvisionnement. La ville de Kohestak et une dizaine de villages sont privés d'eau, en plein épisode de sécheresse et de canicule.

Une demi-heure plus tard, les Gardiens de la Révolution mènent des frappes de représailles contre la 5e Flotte Navale, au Bahreïn, et la base Ali al-Salem, au Koweït, justifiées selon eux par les attaques en plusieurs points et les dégâts causés à ces réservoirs ainsi qu'à une antenne de télécommunication de la ville de Sirik.

L'approvisionnement rapidement rétabli

La situation est devenue plus claire dans la matinée, quand l'agence Tasnim et d'autres médias publient des vidéos et des photographies documentant les dégâts infligés à cette structure de béton et à ses installations mécaniques. Les autorités annoncent la mobilisation de quatre camions-citernes de 18 000 litres pour approvisionner ce bassin de population de 20 000 habitants. La situation est toutefois rétablie douze heures après les frappes, annonce Abdolhamid Hamzehpour, grâce notamment à la création d'une nouvelle conduite par les équipes techniques de la compagnie nationale Abfa.

Les autorités locales dénoncent rapidement "un crime de guerre", citant les articles 52 et 54 des Conventions de Genève sur les infrastructures civiles. "L'eau est le pouls de la vie", écrit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, sur X. "Les Etats-Unis ciblent délibérément la force vive de la population iranienne", accuse-t-il encore, dénonçant un "crime de guerre calculé" et une violation flagrante des droits de l'homme. La nuit suivante, des cibles sont de nouveau frappées dans les environs de Sirik.

Des réservoirs isolés des zones habitées

Le New York Times a publié une analyse détaillée des documents présentés par les médias iraniens, en les croisant avec des images satellites. Le quotidien souligne que ces infrastructures sont situées sur une colline, isolées, en dehors de toute zone habitée. Le toit du petit réservoir est totalement effondré, quand celui du grand réservoir est éventré en son centre par un impact – ce qui est compatible avec une potentielle frappe ciblée. Par ailleurs, les débris présentés par les médias iraniens correspondent aux fragments d'une petite bombe planante de précision, la GBU-39, selon les experts de l'Open Source Munitions Portal.

Une frappe américaine contre une infrastructure civile pourrait-elle constituer un crime de guerre ? "C'est exactement le genre de question malhonnête à laquelle je suis habitué de la part des médias", a répondu le secrétaire d'Etat à la Défense, Pete Hegseth, cité par le site The Hill. Il s'agit du premier cas public de frappe contre une installation hydraulique en Iran. Le 7 mars, au plus fort du conflit, l'Iran avait déjà affirmé que des frappes américaines avaient touché une usine de dessalement sur l'île de Qeshm, près du détroit d'Ormuz. Le lendemain, Bahreïn avait signalé une frappe iranienne contre une installation hydraulique, apparemment en représailles à l'attaque américaine contre Qeshm.

Cette fois, le Commandement central américain (Centcom) a finalement annoncé qu'une enquête était en cours, dans un bref communiqué de son porte-parole. Une autre enquête avait déjà été ouverte après une frappe contre l'école de Minab qui avait coûté la vie à 155 personnes, dont 122 enfants, au premier jour de la guerre entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran. Trois mois plus tard, les résultats de l'enquête n'ont toujours pas été publiés.

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Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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