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"Même si on connaît les gens, on est à l'abri de rien" : à Fleurance, la mort de Lyhanna a réveillé de nombreuses peurs chez les parents d'élèves

Après la mort de la petite Lyhanna, les parents du collège Hubert-Reeves de Fleurance où l'adolescente était scolarisée sont angoissés et se demandent comment ils ont vu ne pas voir l'attitude du principal suspect, lui aussi père d'une collégienne de l'établissement.

La culpabilité et un début de paranoïa. À Fleurance, dans le Gers, la mort de Lyhanna a réveillé de nombreuses angoisses parmi la population : Jérôme Barella, le principal suspect dans la mort de l'adolescente de 11 ans, est un parent d'élève du collège où elle était scolarisée. D'après ce qu'avait rapporté la fillette à ses parents, il lui avait fait "des chatouilles" lors d'une soirée pyjama organisé chez lui. Même si l'homme est désormais mis en examen et en détention provisoire, la méfiance, pour ne pas dire la paranoïa, s'est emparée de tous les parents d'élèves du collège Hubert-Reeves de la petite ville.

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Chrystelle vient désormais chercher sa fille tous les jours à la sortie des cours. Elle refuse désormais que ses trois enfants de 15, 11 et 9 ans participent à des soirées pyjama. "J'avais déjà du mal à laisser ma fille aller dormir chez une copine avant, mais là, c'est encore pire. Il faudra apprendre à connaître la personne, mais même si on connaît les gens, on est à l’abri de rien... La preuve", glisse cette maman, faisant référence au profil du suspect numéro 1 dans cette affaire.

"C'est un petit village, tout le monde se connaît"

Ce qui a marqué Mathilde, c'est de "n'avoir rien vu". Elle se souvient, par exemple, des goûters offerts par Jérôme Barella devant le collège. Cette Maman l'avoue : jusqu'ici, elle déposait ses enfants sans regarder autour d'elle. "C'est un petit village, tout le monde se connaît, tout le monde sait qui sont les parents de quel enfant, raconte-t-elle. Jamais on n'aurait pensé ça. Moi, j'ai accompagné une sortie scolaire avec lui il y a trois ans et j'ai trouvé que c'était vraiment Monsieur-tout-le-monde. On se dit qu'on a rien vu."

À côté de Mathilde, Elodie hoche la tête : "C'est un parent d'élève, un père de famille. On ne se disait pas que c'était un fou", lâche-t-elle, amère.

Dans la bouche de tous ces parents, revient l'expression d'un sentiment de culpabilité. Depuis le drame, la psychologue Béatrice Bergamelli reçoit des enfants qui ne dorment plus et des parents qui pleurent et tentent de comprendre ce qu'ils ont manqué. "Aujourd'hui, l'attitude des parents est de mettre au maximum leur enfant en sécurité, analyse-t-elle. Ils n'ont plus du tout le droit d'aller tout seul à l'école. Certains parents m'ont dit qu'ils allaient mettre des puces électroniques dans les chaussures de leurs enfants sans leur en parler alors que dans son développement, un enfant a besoin d'autonomie, qu'on leur fasse confiance."

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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