Meurtre de Thomas à Crépol : le parquet demande le renvoi devant une cour d'assises des mineurs de 11 des 14 suspects
Un procès devant la cour d'assises pourrait s'ouvrir d'ici l'automne 2027 si la procédure se poursuivait.
Le parquet de Valence demande le renvoi devant les assises pour mineurs de la Drôme de 11 des 14 suspects dans la mort de Thomas Perotto à Crépol (Drôme) en novembre 2023, a appris ICI Drôme Ardèche de source proche du dossier, vendredi 12 juin.
Dans son réquisitoire définitif, le parquet demande un procès pour meurtre, tentative de meurtre et violences aggravées pour 11 des mis en examen. Il demande aussi qu'un autre suspect soit jugé pour violences volontaires avec menace ou usage d'une arme. Par ailleurs, deux autres personnes bénéficient d'un non-lieu. Désormais, il appartient aux juges d'instruction de suivre, ou non, ces réquisitions du parquet.
"Toute la scène a été numérisée" : deux ans après la mort de Thomas à Crépol, une reconstitution virtuelle en 3D pour tenter d'élucider l'affaire
Au terme de l'enquête, le procureur indique que "la genèse des faits reste relativement difficile à déterminer" en raison du "comportement dissimulateur adopté par l'ensemble des mis en examen". Le document judiciaire fait mention de "destruction des vêtements portés la nuit des faits" mais aussi de téléphones portables détruits ou revendus mais également la "disparition d'indices essentiels comme le couteau".
Le parquet insiste sur l'attitude et le comportement des mis en examen, d'abord au moment de leur fuite car "le départ coordonné à vive allure de Crépol" s'est fait "dans une ambiance qui pourrait être qualifiée de festive malgré la gravité des faits survenus". Mais également, après leur arrestation, car "la concertation a été présente tout au long de l'enquête [...] y compris en détention, montrant une volonté de se taire et de ne surtout désigner personne".
"Volonté de tuer"
Le procureur de Valence demande que ces 11 suspects soient renvoyés pour meurtre, car dans son réquisitoire définitif, il insiste sur le fait qu'ils ont eu "la volonté de tuer". "Certains témoins évoquent des 'frappes chirurgicales' et plusieurs d'entre eux expriment avoir perçu l'intention homicide des auteurs". "Ces coups ont, selon certains témoins, été accompagnés de propos ne laissant aucun doute sur la volonté de tuer".
En revanche, le parquet estime que ces mis en examen n'ont pas agi en bande organisée, ce qui aurait constitué une circonstance aggravante. "Les éléments recueillis ne permettent pas d'établir l'existence d'une organisation suffisamment structurée entre les mis en examen". Enfin, d'après les premiers éléments de l'enquête, les témoignages évoquaient des "insultes à caractère raciste" prononcées "de part et d'autre" mais au terme de l'information judiciaire, le "motif racial des faits n'a pas été retenu à ce stade", indique le parquet dans son réquisitoire définitif.
À la lecture de ce document judiciaire, Me Elise Rey-Jacquot, avocate de trois mis en examen dans cette affaire, contactée par franceinfo, "s'inscrit en faux avec l'interprétation du parquet qui retient une scène unique de violences". En effet, deux des trois mis en examen que défend l'avocate font partie des 11 suspects pour lesquels le parquet demande un procès. Un autre bénéficie d'un non-lieu. Selon elle, "encore faut-il qu'il y ait une scène unique de violences, ce qui n'est pas le cas, encore faut-il démontrer pour chacun sa participation". "Le drame de Crépol, c'est une banale bagarre de bal de village dont l'issue est tragique", estime-t-elle. "Rien ne démontre qu'il y a eu une attaque préméditée, ni planifiée, ni coordonnée", ajoute Me Elise Rey-Jacquot.
"L'humilité c'est très important pour avancer" : César Troisgros, le cuisinier de l'année 2026, revient sur son héritage familial
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗