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Mort de David Hockney : cinq tableaux majeurs d'un peintre qui voyait la vie en couleur

Le peintre anglais était l'un des derniers survivants du pop art. Des toiles les plus intimes aux tableaux les plus militants, retour en images sur les chefs-d'œuvre d'un travailleur acharné.

Peintre, dessinateur, graveur, portraitiste et paysagiste, l'artiste britannique David Hockney est mort le 11 juin à Londres, à l'âge de 88 ans. Souvent qualifié de dernier survivant du pop art, David Hockney est, comme il est des écrivains voyageurs, un peintre voyageur. Des paysages mélancoliques de son Yorkshire natal aux très éblouissantes lumières de Californie en passant par les bocages pluvieux de la Normandie où il s'était installé en 2019 avant de repartir dans son pays natal en 2023, la vie de David Hockney s'apparente à un magnifique carnet de route dans lequel nous avons retenu cinq œuvres déterminantes.

1 "Portrait of My Father" (1955)

Tout commence à Bradford, sa ville natale dans le West Yorkshire, au nord de l'Angleterre, avec le portrait de son père. Peint en 1955, ce tableau pourrait être le premier des centaines de personnages que David Hockney peindra par la suite tout au long de sa carrière. Redingote noire, cravate rayée et pantalon de flanelle, l'homme semble fatigué et inquiet. Une toile simple, mais qui fera l'admiration de ses congénères des Beaux-Arts. Ce tableau introspectif montre déjà l'attachement de David Hockney à ses modèles et sa volonté de percer subtilement l'âme humaine.

2 "A Bigger Splash" (1967)

Dans les années 1960, l'homosexualité est encore illégale en Grande-Bretagne et la société britannique largement intolérante. David Hockney, étudiant au Royal College of Art, décide courageusement de faire son coming out en 1960. Il quitte son Angleterre natale et s'installe à Los Angeles en 1964. Par la même occasion, il range la peinture à l'huile et les pinceaux au profit de l'acrylique et des rouleaux.

L'Anglais crée ce qu'il nomme de manière provocatrice ses love paintings, puis ses propaganda paintings (sous-entendu de propagande homosexuelle). Sous la douche ou alanguis sur le lit, les corps d'hommes nus sont à la fois banalisés et magnifiés. L'inquiétude se lit dans ses toiles, mais aussi et surtout le plaisir. Avec la complicité d'Andy Warhol, vient rapidement le temps de ses tableaux stars avec piscines et ciels d'azur. Le plus connu d'entre eux, A Bigger Splash, au format de Polaroid mais géant, est un carré de 242 centimètres de large, signe de l'attention qu'il prête à la photographie. La scène représente les éclaboussures provoquées par un plongeur sous le ciel éclatant de Californie. Avec son humour so British, Hockney déclare à l'époque : "J'ai adoré l'idée de peindre quelque chose qui ne durait que 2 secondes. Il m'a fallu 2 semaines pour peindre cet événement de 2 secondes !"

3 "Garrowby Hill" (2017)

Le peintre voyageur aime circuler en voiture. Avec ses déserts à perte d'horizon, la Californie était pour lui un formidable terrain de jeu. Il a conceptualisé le regard de celui qui parcourt ainsi de vastes étendues. Le travelling voiture va influencer sa palette jusqu'en Angleterre.

Dans les années 1990, il revient dans le Yorkshire pour retrouver sa mère âgée et son ami Jonathan Silver, de Bradford, atteint d'un cancer. Tout en préservant son regard moderne inventé en Californie, il parcourt la campagne et peint son environnement quotidien. Il raconte que pour Garrowby Hill et ses virages vertigineux qui semblent happer le spectateur, il a dû, "les quelques mois qui ont précédé, monter et descendre cette colline une bonne soixantaine de fois". "C'était pour moi quelque chose de très fort. Un sentiment puissant." Comme un artisan remettant éternellement son ouvrage sur le métier, en 2017, il reproduira ce panorama aux couleurs pop.

4 "A Year in Normandie" (2021)

L'arrivée en pays d'Auge de David Hockney marque le passage "du palmier au pommier", selon l'expression imagée d'un catalogue paru en 2025. La Normandie vient chez Hockney dans la continuité du passage de relais entre l'acrylique et la tablette iPad Pro, amorcé dix ans auparavant. Dès 2010, ce peintre novateur utilise la palette graphique, sans jamais abandonner complètement le pinceau, le crayon ou le rouleau. À Beuvron-en-Auge, non loin de Bayeux, en pleine crise du Covid, il continue à dessiner "les arbres d'hiver qui ont fini par fleurir". Il prononce sa fameuse phrase : "Rappelez-vous qu'ils ne peuvent pas annuler le printemps." Le peintre passera l'épidémie à faire cadeau à ses amis de croquis dessinés sur le fameux iPad qu'il leur envoie par internet. Dans l'exposition présentée au musée de l'Orangerie d'octobre 2021 à février 2022, il capture dans une grande fresque, les effets de lumière et les changements climatiques durant quatre saisons.

5 "Self-Portrait Standing with Red Braces" (2005)

David Hockney était sans conteste un grand portraitiste. Cet autoportrait, exposé en 2025 à la Fondation Louis Vuitton dans le bois de Boulogne, en témoigne. Dès le début de sa carrière, le peintre a représenté ses amis, ses amours, ses voisins, ses médecins, ses infirmiers, le maire du village ou les stars de passage. Peut-être une manière, en creux, de se représenter lui-même ?

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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