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💶 Économie

"C'est vraiment pour limiter la casse" : la baisse du coût des engrais ne soulage pas pleinement les finances des agriculteurs

La promesse de la réouverture du détroit d'Ormuz réduit le cours des engrais, mais la situation économique des exploitations demeure "particulièrement délicate", et le prix mondial du blé ne surpasse toujours pas les coûts de production.

Le protocole d'accord entre les États-Unis d'Amérique et l'Iran a entraîné une baisse du prix du pétrole, et par ricochet le prix des engrais suit la même courbe. L'accord, qui doit être signé le 19 juin en Suisse, prévoit de mettre définitivement fin à la guerre commencée le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, et acte la réouverture du détroit d'Ormuz, sous blocus pendant le conflit.

"C'était une obligation pour engendrer des achats et des couvertures de la part des agriculteurs. Elle arrive globalement à point nommé", souffle Arthur Portier, agriculteur dans l'Oise et consultant chez Argus médias, qui analyse les marchés agricoles. Plus du tiers des engrais transitent en effet par cette région, dont le territoire et également riche en gaz, indispensables pour produire les fertilisants.

Des prix toujours supérieurs à ceux d'avant-crise

En temps normal, les 50 000 céréaliers français achètent leurs engrais au mois d'avril. Cette année, ils ont retardé les commandes au maximum, mais ne retrouvent pas pour autant les prix d'avant-crise. "Nous avons une solution azotée, que nous utilisons en France sur nos cultures d'hiver et de printemps, qui vaut encore 420 euros la tonne. Nous étions, avant le début du conflit, aux alentours 360 euros la tonne", détaille Arthur Portier. Il y a quelques semaines, la tonne du produit dépassait les 700 euros.

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Il n'y a donc pas de quoi redonner le sourire aux producteurs, d'autant que le prix mondial du blé, lui aussi fixé par les marchés mondiaux, reste autour de 200 euros la tonne et ne compense même pas les coûts de productions. Cette baisse du prix des engrais est donc "vraiment pour limiter la casse, souligne l'agriculteur, dans le sens ou la situation économique de nos exploitations est particulièrement délicate à l'heure actuelle".

Dans le contexte de la guerre, Bruxelles annonçait un "soutien exceptionnel" de l'Union européenne, le 19 mai, pour pallier les difficultés financières des agriculteurs liées aux engrais. Quelques semaines plus tard, le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, mentionnait une enveloppe de 500 millions d'euros pour les personnes les plus touchées. Pour Arthur Portier, cette promesse de la Commission reste nécessaire malgré la baisse des cours.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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