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Grutier : un métier avec des vues à couper le souffle

Ils travaillent là ou peu osent aller et même regarder. À plusieurs centaines de mètres du sol, les grutiers dominent les villes et les plus grands chantiers, ils peuvent aussi contempler des vues à couper le souffle.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

C'est un chantier pharaonique, une des plus hautes tours de Paris. À son sommet, sa grue est de loin la plus perchée de France. 194 mètres, l'équivalent de 50 étages. Deux grutiers se relaient à son sommet chaque jour. Et cela commence toujours par quelques vérifications. D'abord, la météo. Il doit faire abstraction du vide sous ses pieds. Grutier, un métier vertigineux qui se pratique en chaussettes. Une fois en cabine, c'est parti pour 6 heures non-stop.

Contrairement aux autres acteurs du chantier à ses pieds, lui n'a pas de pause déjeuner. Pas de pause toilette non plus, car les travaux doivent avancer coûte que coûte. En cas de besoin pressant, des sacs sont prévus. Malgré ces contraintes, pour rien au monde, il ne quitterait son poste. "La sensation, la hauteur, le prestige, être tombé sur un grand chantier comme ça, pour moi, c'est un prestige", confie le grutier. L'immense majorité des grutiers de France est employée en contrats courts, un contrat par chantier, en intérimaire. Comme on construit moins en France, les opportunités sont rares. Mais le métier attire. Plus de mille grutiers se partagent les chantiers, parfois avec des vues à couper le souffle. Celle de Ramazan Douillard, le grutier du chantier de Notre-Dame, est plutôt pas mal. Ce poste, c'est le rêve pour un grutier. Un aboutissement après une vie passée sur les chantiers.

"J'ai commencé au sol, j'ai commencé tout bas comme tout le monde en tant que manœuvre. J'ai gravi les échelons, j'étais coffreur, maçon, et puis au fil du temps, on s'est retrouvé tout en haut de la grue", se remémore-t-il.

"Il faut aimer être seul "

Tout en haut de l'échelle des salaires aussi. Un grutier expérimenté comme lui gagne 3500 euros nets. À son actif, un pont, un barrage, un métro, mais Notre-Dame surpasse tous ses chantiers passés. "Arriver sur un chantier comme ça, c'est totalement différent, ce n’est pas du tout la même cadence. Il faut faire attention à ne pas heurter, ne serait-ce qu'une gargouille, une lucarne", explique-t-il.

Ce matin la, il a pour mission de déposer le plancher de cet échafaudage. Très abîmé, il faut le remplacer. Des tonnes de bois à enlever. Une opération technique et délicate qui nécessite un certain doigté. Et au sol, des charpentiers pour le guider par radio au centimètre près. C'est la vie de ceux qui sont au-dessous de lui qu'il tient entre ses mains. "Pour faire ce métier-là, il ne faut pas avoir le vertige. Et puis, il faut aimer être seul aussi, la solitude. On a le temps d'admirer le paysage autour de nous. Et là, on peut profiter pleinement", indique le grutier. Mais pas longtemps, car à 8h30, les portes de Notre-Dame s'ouvrent, les touristes commencent à arriver, la grue doit s'arrêter.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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