Limitation de la durée des arrêts de travail : "Ce sont des mesures pour empêcher les gens de se soigner", dénonce la CGT
Le décret limitant la durée des arrêts de travail à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation a été publié au Journal officiel.
"Les arrêts maladie sont prescrits par des médecins, et les fraudes sont extrêmement rares, ils sont très contrôlés", indique samedi 13 juin sur franceinfo Denis Gravouil, chargé des questions emploi, retraites, chômage de la CGT, alors que le décret limitant la durée des arrêts de travail à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation a été publié au Journal officiel.
La durée des arrêts de travail sera limitée à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation, à compter du 1er septembre
Il s'agit d'"empêcher les gens de prendre des arrêts maladie. Ce sont des mesures pour empêcher les gens de se soigner", fustige Denis Gravouil. "Ce sont des mesures uniquement budgétaires, insiste-t-il. Alors, on invente un récit pour dire que les gens abusent. Mais pourquoi est-ce que les gens sont en arrêt maladie ? Et pourquoi, est-ce qu'il y a plus d'arrêts ?"
Une conséquence du recul de l'âge de départ à la retraite
Selon le chargé des questions emploi, retraites, chômage de la CGT, les risques psychosociaux sont "de plus en plus importants parce que les relations de travail sont de plus en plus dégradées […] et aussi parce qu'il y a eu la réforme des retraites et que la majorité des arrêts maladie se concentrent évidemment sur les gens qui sont plutôt proche de la soixantaine et qui ont plus de problèmes de santé".
"Le principe même d'une limitation, c'est aussi remettre en cause le fait que ce sont des médecins qui déterminent la durée de l'arrêt", analyse-t-il, or "les médecins savent ce qu'ils font, ils savent très bien doser les arrêts en question. Les fraudes sont extrêmement limitées, sauf dans certains systèmes mafieux. Et ce ne sont pas les patients ou les médecins en général qui sont concernés." Et Denis Gravouil conclut : "Cette mesure est très dangereuse à la fois pour la santé des personnes et pour la santé publique [...] c'est une erreur complète".
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗