Malgré la crise du carburant, les stations-service municipales refusent d'augmenter leurs prix
Dans plusieurs communes rurales, les stations-service municipales résistent malgré la hausse des coûts d'approvisionnement et la baisse de la consommation. Si certaines restent bénéficiaires, d'autres voient leurs marges fondre. Les élus refusent toutefois d'augmenter les tarifs, privilégiant le service rendu aux habitants.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Tous les 15 jours, un camion vient remplir les cuves d'une station communale. Des livraisons de plus en plus irrégulières, car avec la crise du carburant, les mairies font très attention à leurs dépenses. Nicolas Perron, chauffeur de poids lourd, raconte : "Ils attendent aussi que les tarifs descendent pour avoir de meilleurs prix. Ça nous oblige à venir, on va dire, oui, sur l'année, plus régulièrement."
Comptez 5 centimes de plus par litre pour remplir votre réservoir dans les stations municipales. Un prix plus élevé, mais loin de freiner les automobilistes. "Je ne sais pas combien il y a d'écart, mais bon, ce n'est pas énorme", estime l'une d'elle. Un autre ajoute : "S'il faut faire 20 km pour aller mettre de l'essence, ça revient au même." Même constat pour cet autre automobiliste : "C'est à 200 m de chez moi et je ne vais pas faire 20 km pour aller juste faire du carburant. Si je n'ai pas besoin d'aller faire des courses, autant aller là."
Des recettes fragilisées par la baisse de la consommation
Dans la ville de 6 000 habitants, la mairie a investi dans deux stations-service. Elles génèrent entre 8 000 et 10 000 euros de bénéfices par an. Des recettes impactées par la crise et la baisse du pouvoir d'achat des habitants. "Aujourd'hui, on constate bien une baisse de fréquentation, de 5 % environ de la consommation. Comment on l'explique ? Je pense que c'est comme partout : l'évolution des prix, sans doute, et puis les gens font plus attention. Mais voilà, 5 %, c'est très maîtrisable pour nos budgets, en tout cas", explique Gérard Daboudet, maire (sans étiquette) du Mené (Côtes-d'Armor).
Dans le Morbihan, le département voisin, le maire est plus inquiet. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, ses recettes couvrent tout juste les frais de fonctionnement de la station. "Si la crise perdure trop longtemps, on aura une diminution des recettes, ce qui pourrait poser quelques soucis quant à la prise en charge des dépenses de fonctionnement. Donc elles sont de l'ordre de 40 000 euros par an", souligne Michel Morvant, maire (sans étiquette) de Plouray (Morbihan).
Seule solution pour ces maires : augmenter le prix du carburant. Mais aucun élu ne veut s'y résoudre. Ces stations en zone rurale sont avant tout un service rendu aux habitants.
"Toute copie du baccalauréat est corrigée", assure le ministre de l’Éducation, alors que des élèves ont rédigé une épreuve en basque
Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗