Pour réduire les dépenses, le gouvernement encadre davantage les arrêts maladie
À partir du 1er septembre, la durée des arrêts maladie sera davantage encadrée. Le gouvernement espère freiner une dépense qui atteint 18 milliards d'euros par an. Une réforme saluée par certains employeurs mais vivement critiquée par les médecins, qui dénoncent une nouvelle contrainte administrative.
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La saison estivale est lancée dans un restaurant marseillais. Les clients sont au rendez-vous, mais Bruno Berengier manque de personnel. Un de ses pizzaïolos est en arrêt depuis sept mois. Un autre a été absent pendant plus de trois mois et il a bien du mal à les remplacer. "Un poste de pizzaïolo, c'est un poste important et majeur chez nous, donc ça implique qu'il faut rechercher ou remplacer soi-même la personne. On ne trouve pas de remplaçant pour une semaine, pour un mois, c'est très compliqué. Les gens veulent des CDI aujourd'hui", souligne le propriétaire du restaurant.
Jusqu'ici, les arrêts maladie n'étaient pas limités dans la durée, mais les règles vont changer à partir du 1er septembre. Le médecin pourra prescrire un premier arrêt d'un mois maximum, puis le prolonger de deux mois. Pour Mickaël Feraud, barman, il faut surtout s'attaquer aux fraudeurs, comme il raconte : "Il y a un petit peu d'abus, je le vois. Dans ce métier, il y en a qui s'arrêtent pour un petit rhume, ou même des arrêts qui ne sont pas toujours justifiés."
Une réforme qui fait débat
Le gouvernement entend serrer la vis car le nombre d'arrêts maladie ne cesse de grimper. 30 000 sont déclarés chaque jour, soit 10 % de plus depuis 2019. Les médecins pourront toutefois déroger au plafond à condition qu'ils justifient leur décision. Une aberration pour le Dr Agnès Giannotti, présidente de MG France : "Les gens pour qui on va demander des exceptions, c'est ceux qu'on a arrêtés plus longtemps. Donc c'est simplement une charge administrative en plus pour justifier ce qu'on fait. Comme si on faisait n'importe quoi. Donc, en fait, c'est une méfiance par rapport à nos décisions."
Avec cette mesure, le gouvernement compte bien faire des économies. Les arrêts maladie coûtent chaque année 18 milliards d'euros à la Sécurité sociale.
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