"Est-ce un génie dans l'art du deal ou dit-il n'importe quoi ?", la stratégie de Donald Trump face à l'Iran interroge, selon un géopolitologue
Nouveau changement de stratégie pour Donald Trump, qui suspend les frappes contre l'Iran annoncées jeudi et évoque la possible signature d'un accord validé par les deux parties. Le géopolitologue Dominique Moïsi l'affirme, les doutes sur la santé mentale du président sont de plus en partagés parmi les élus américains.
Donald Trump menaçait de lancer des missiles sur la République islamique... et opère jeudi 11 juin, de nouveau, un revirement total en annonçant, pour la 39e fois depuis le début de la guerre, un possible accord avec l'Iran, ce que jusqu'à présent Téhéran dément. Un "accord-cadre très solide", selon le président américain, qui pourrait être signé dès le week-end du 13 et 14 juin et qui assurerait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, tout en validant l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. "La difficulté avec Donald Trump, c'est qu'il prend ses désirs pour des réalités et qu'il a perdu le contact avec le réel", analyse le géopolitologue Dominique Moïsi, conseiller spécial à l'Institut Montaigne.
franceinfo : Est-ce que le spécialiste que vous êtes prend encore la peine d'analyser chaque revirement du président américain ?
Dominique Moïsi : Oui, c'est fascinant. Ce sont des variations sur un même thème et il y a chaque fois une double interprétation. Est-ce que c'est un génie dans l'art du deal ou est-ce qu'il dit n'importe quoi ? Et quelle interprétation s'impose aujourd'hui ? On ne sait pas. On peut penser que ses menaces de frappes très fortes ont porté leurs fruits, poussant les Iraniens à faire quelques concessions dans le cadre des négociations et qu’un accord va être annoncé pendant le week-end. Dans ce cas, Donald Trump aura réussi son pari de faire plier les Iraniens sans avoir à utiliser à nouveau la force, ce qu'il ne voulait pas, et qui aurait fait désordre alors que le Mondial de football a commencé, que le G7 va se tenir à Évian et qu'on va célébrer le 250e anniversaire de la République américaine. Et il y a une autre interprétation, qui consiste tout simplement à dire : il dit et fait n'importe quoi. J'étais aux États-Unis la semaine dernière. Les doutes quant à la santé du président des États-Unis se multiplient. Vous avez des Républicains, comme des Démocrates, qui vous disent : 'Est-ce que notre président est devenu fou ?'
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