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Le député européen (RN) Thierry Mariani, un messager discret des idées du Kremlin sur la télévision géorgienne ?

Le député européen français Thierry Mariani, habitué de la télévision géorgienne, participe-t-il à la diffusion de la propagande du Kremlin dans le pays ? L'équipe de "Vrai ou Faux" a mené l'enquête.

Louis Augry, Luc Brisson, Nicolas Carvalho, Anaïs Crouts, Léa Szulewicz, Aliénor de Matos, Quentin Girardon

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

C'est un visage français qui apparaît régulièrement sur le petit écran géorgien : le député européen français Thierry Mariani. Il est devenu un interlocuteur privilégié, notamment de la chaîne IMEDI, une télévision sous sanctions britanniques, accusée de relayer la désinformation russe. Et lorsqu'elle est interdite d'accès au Parlement européen, l'élu vole à son secours. "L'Union européenne est devenue totalitaire. En fait, ils veulent interdire tous ceux qui n'ont pas exactement la même opinion qu'eux", jugeait Thierry Mariani, député européen - Patriotes pour l’Europe, le 13 mars.

De nombreuses interventions à la télévision géorgienne

Pourquoi Thierry Mariani intervient-il autant à la télévision géorgienne ? En mai 2026, en France, l'Assemblée nationale a adopté une résolution pour condamner la dérive illibérale et autoritaire du gouvernement géorgien sous influence du régime russe. Un élu dénonce alors ce texte : l'ancien député des Français de l'étranger en Europe de l'Est. "Il s'agit évidemment d'une ingérence dans les affaires intérieures du pays", a estimé Thierry Mariani.

Paris et Bruxelles condamnent notamment des lois adoptées en Géorgie, inspirées de son voisin russe, qui ont largement affaibli la presse indépendante. "Après le début de la guerre en Ukraine, c'est devenu assez visible que le pays se tournait vers des politiques anti-ouest. Et ça a évidemment influencé les médias. Les médias font partie d'un système. Les médias géorgiens ne sont plus totalement libres, voire plus libres", analyse Mariam Gersamia, directrice de master à l’Université de Tbilissi (TSU).

Des attaques contre l'UE

Mais selon Thierry Mariani, ce n'est pas le parti au pouvoir qu'on doit critiquer, plutôt l'Union européenne : "Le rêve de l'Union européenne est de changer les gouvernements qui ne sont pas alignés sur la ligne de la commission de Madame von der Leyen. Nous sommes contre l'ingérence russe dans les affaires européennes, mais nous devons faire de même face à l'ingérence européenne dans les affaires d'autres pays."

Un discours que le parlementaire français partage aussi sur des médias russes, dont certains interdits de diffusion dans l'Union européenne. Leur parler n'est pas interdit, et cela arrange la presse proche du Kremlin. "La critique est libre et c'est heureux, tant mieux. Le propos de Thierry Mariani s'inscrit là plutôt dans une tendance que l'on voit ces dernières années d'une participation de plusieurs personnalités, notamment d'extrême droite ou proche de l'extrême droite, en Géorgie, à des opérations de soutien aux activités russes ou pro-russes. Ces pays-là, ils ouvrent grande leur porte à ce genre de personnalités", éclaire Vincent Couronne, docteur en droit public, du média "Les Surligneurs".

La Géorgie a largement chuté au cours des dernières années dans le classement de Reporters sans frontières

Mais pour Thierry Mariani, contacté par franceinfo, rien à voir avec un quelconque positionnement pro russe, ni de sa part, ni de la télévision géorgienne. "Si on ne prend pas exactement la même politique que l'Union européenne, on est forcément pro-russe. Moi je pense que les gens sont intelligents, qu'ils peuvent se faire une opinion. Mais je trouve que ce processus qui consiste à interdire les uns, les autres, ça devient très inquiétant. Et en plus je répète, en Géorgie vous avez tout par internet quand même. Il n'y a pas de coupure d'internet, il y a tout. Donc je ne vois pas où est la censure", réagit-il.

Dans le classement de Reporters sans frontières, la Géorgie a pourtant dégringolé ces dernières années, avec une liberté de la presse menacée par le parti au pouvoir, contrairement à ce cas sur Thierry Mariani.

Parmi nos sources :

Mariam Gersamia, directrice du master “psychologie des médias et communication” à l’université de Tbilissi (TSU)

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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