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"Les journées plus longues sont un facteur aggravant" : pourquoi l'épisode de chaleur qui débute est différent de celui de mai

Fin mai, la France avait déjà connu une vague de chaleur historique. Près de deux semaines plus tard, les températures élevées sont de retour. Malgré certaines similitudes, ce nouvel épisode de chaleur s'annonce plus chaud, plus généralisé mais aussi plus incertain.

Après un début de mois aux températures légèrement plus fraîches que les moyennes de saison, la chaleur revient dès samedi 13 juin, notamment dans le sud de la France. Avant même le début de l'été, cet épisode de chaleur est déjà le deuxième de l'année.

Fin mai, l'Hexagone avait enregistré des températures records avec des pointes jusqu'à 37°C. À l'origine de plusieurs décès et d'hyperthermies, cet épisode, d'une précocité inédite, avait été qualifié d'historique. Franceinfo vous explique pourquoi la chaleur estivale qui s'apprête à s'installer sur tout le territoire présente des différences avec l'épisode de fin mai.

Parce que le phénomène sera plus généralisé et plus incertain

En mai, l'épisode de chaleur concernait essentiellement l'Ouest et l'Ile-de-France. Cette fois, les températures devraient être bien au-dessus des normales de saison sur l'ensemble du territoire, y compris dans les régions du Nord-Est, qui sont souvent plus difficiles à réchauffer en raison de leur éloignement des influences subtropicales directes. Elles s'approcheront des 30°C dans le Nord en fin de semaine, selon les prévisions. Des pointes à 35 ou 36°C pourront être constatées localement.

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En attendant, "nous ne sommes pas encore sur une vague de chaleur", assure François Gourand, prévisionniste à Météo-France. Malgré des températures élevées dans le Sud-Ouest samedi après-midi – jusqu'à 36°C – aucune alerte canicule n'a été annoncée jusqu'à lundi. "Le niveau de chaleur dans le Nord est encore très respirable ce week-end et jusqu'au début de la semaine prochaine", explique-t-il.

Dès mardi, l'air sera cependant bien plus chaud : "Il y aura une vraie montée en puissance au cours de la semaine, on pourra peut-être parler de vague de chaleur, mais aujourd'hui, il est trop tôt pour le dire." Si la température moyenne (mesurée jour et nuit) atteint 25,3 degrés, on pourra alors parler de vague de chaleur.

Parce que les journées sont plus longues

Les jours sont de plus en plus longs à mesure que le solstice d'été du 21 juin approche. Lors des épisodes de chaleur, les températures ont donc moins de temps pour baisser la nuit. "Ces journées plus longues sont forcément un facteur aggravant, la période de rafraîchissement est beaucoup plus courte", explique François Gourand. Mi-juin, l'ensoleillement est maximal. Cette énergie solaire favorise un réchauffement plus efficace des basses couches de l'atmosphère. Les sols sont plus secs dans de nombreuses régions, ce qui peut provoquer plus facilement des incendies.

Cette situation favorise l'apparition de températures plus élevées lors des épisodes chauds. "On pourra enregistrer des températures jusqu'à 10, voire 12°C plus élevées que les moyennes de saison en fin de semaine prochaine", annonce le prévisionniste. "Ces épisodes de chaleur sont plus nombreux et sont donc de plus en plus banalisés, mais il faut garder en tête qu'ils restent exceptionnels. Normalement, en juin, il fait entre 23 et 24°C dans le Nord et entre 25 et 26°C dans le Sud."

Parce qu'il sera accompagné d'épisodes orageux, surtout dans l'Ouest

Les mécanismes météorologiques concernant les deux épisodes de chaleur présentent quelques différences. En mai, la France se trouvait sous l'influence d'un dôme de chaleur. Un anticyclone s'était installé sur l'Europe occidentale alors qu'une goutte froide circulait au large du Portugal. La situation attendue la semaine prochaine ressemblera davantage à un épisode de chaleur classique lié à un flux très dynamique de sud à sud-ouest. L'air ne restera pas bloqué plusieurs jours sous une structure anticyclonique fermée.

Ce phénomène plutôt classique laisse envisager une dégradation orageuse, surtout sur les régions de l'Ouest, en fin de semaine. Fin mai, sous le dôme de chaleur, l'atmosphère était stable. Les orages étaient presque absents. Cette fois, le contexte sera plus instable et devrait provoquer des orages : "Il y aura une zone de conflit de masses d'air entre l'air océanique plus frais et l'arrivée d'air très chaud sur le pays", raconte François Gourand. Les orages marqueront, très probablement, la sortie de cet épisode de chaleur, selon Météo-France.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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