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Rémy Heitz, plus haut procureur de France, juge que l'affaire Lyhanna révèle une "crise systémique"

Dans un entretien au "Monde", samedi, Rémy Heitz appelle de ses vœux "une approche plus globale", notant que "tout le secteur de la protection de l'enfance est en difficulté".

Il évoque "un échec collectif", neuf jours après la découverte du corps de Lyhanna dans le Gers. Le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, estime que l'affaire de la mort de la collégienne de 11 ans révèle "une crise systémique qui dépasse la question des moyens de la seule institution judiciaire", dans un entretien publié au journal Le Monde, samedi 13 juin.

Le principal suspect, Jérôme Barella, avait fait l'objet de plusieurs signalements et plaintes pour des violences sexuelles sur mineures, sans être inquiété. "Qu'il puisse y avoir des critiques, c'est légitime compte tenu de l'émotion causée par ce drame, qui nous meurtrit tous", estime le procureur général près la Cour de cassation. Néanmoins, elles "peuvent être perçues comme injustifiées" quand "elles proviennent de responsables qui font mine de découvrir une situation qui est connue de tous".

"Tout le secteur de la protection de l'enfance est en difficulté"

"La crise autour des moyens de la justice n'est pas nouvelle. Bien sûr, des moyens supplémentaires ont été accordés avec le recrutement de magistrats et de greffiers supplémentaires, développe le haut magistrat. Mais ce que révèle cet échec, c'est une crise systémique, qui dépasse d'ailleurs la question des moyens de la seule institution judiciaire." Rémy Heitz appelle de ses vœux "une approche plus globale", notant que "tout le secteur de la protection de l'enfance est en difficulté". "Nous manquons par exemple de psychologues, d'unités pédiatriques spécialisées pour accueillir la parole de l'enfant", souligne-t-il.

Evoquant les priorités fixées par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, le procureur général souhaite "qu'on aille vers une clarification et qu'on n'hésite pas à dire ce qui est moins prioritaire, ce qu'on fait rarement". "Mes collègues ont le sentiment que les priorités s'ajoutent sans jamais qu'une seule ne soit retranchée. Les récentes circulaires ont concerné la lutte contre le narcotrafic, mais aussi toutes les violences faites aux personnes, et pas seulement celles contre les mineurs", remarque-t-il.

Source : franceinfovoir l'article d'origine ↗

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