Pour quelles raisons la BCE relève-t-elle ses taux malgré les risques pour l'économie ?
Face au retour de l'inflation, alimenté par les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie, la Banque centrale européenne a relevé ses taux d'intérêt de 0,25 point. Une décision destinée à protéger le pouvoir d'achat, mais qui pourrait aussi fragiliser davantage l'économie européenne.
La Banque centrale européenne a décidé de relever ses taux d'intérêt, jeudi 11 juin 2026. Objectif : freiner l'inflation, qui repart à la hausse dans un contexte d'incertitudes internationales, notamment liées à la guerre au Moyen-Orient.
Guerre au Moyen-Orient : la stagflation menace l'économie européenne
C'est en effet le principal argument avancé Christine Lagarde, la présidente de l'institution monétaire basée à Francfort. Tous les économistes ne se montrent pas convaincus par ce relèvement du principal taux d'intérêt de 0,25 point, désormais fixé à 2,25%. Une hausse de taux a des conséquences directes sur le quotidien des Français, comme sur celui des entreprises.
Pour les particuliers d'abord, une hausse de taux d'intérêt rend davantage coûteux les différents types de crédits souscrits auprès des banques : crédit immobilier, crédit à la consommation, etc.
Pour les entreprises ensuite, cela peut freiner leurs investissements puisque le relèvement des taux réduit leur capacité d'emprunt. Or, les sociétés ont besoin de financements pour moderniser leur outil de production et, surtout, assurer les efforts nécessaires aux transitions énergétique et numérique à l'heure de l'intelligence artificielle.
Est-ce à dire que la décision de la Banque centrale européenne va à contre-courant ? La démarche apparaît logique dans le contexte actuel de hausse des prix liée à la flambée des cours de l'énergie sur fond de guerre au Moyen-Orient. L'objectif est d'éviter un dérapage de l'inflation, qui affaiblirait davantage le pouvoir d'achat. Le niveau idéal d'inflation se situe d'ailleurs autour de 2%. Or, l'inflation atteint aujourd'hui 3,2% dans la zone euro.
Une arme à double tranchant
Pour éviter que la hausse des prix ne s'emballe, la BCE dispose d'un levier principal : augmenter les taux d'intérêt afin de freiner la demande et modérer la consommation. Comme évoqué précédemment, cette arme reste, néanmoins, à double tranchant. Il suffit d'ailleurs d'observer les banques centrales américaine et britannique : ni l'une ni l'autre n'ont, pour l'instant, relevé leur taux, préférant attendre de voir comment évolue la situation internationale.
En réalité, la Banque centrale européenne est surtout soucieuse de ne pas répéter l'erreur de 2022, à savoir une réaction jugée trop tardive face à la flambée de l'inflation provoquée par la sortie de crise du Covid-19 et le déclenchement de la guerre en Ukraine. À l'époque, la BCE avait dû intervenir dans l'urgence. Il est hors de question, cette fois, pour la BCE de reproduire ce scénario. Elle entend préserver sa crédibilité, quitte à prendre le risque, par cette hausse de taux, de freiner une économie européenne, qui aurait pourtant besoin d'être davantage soutenue.
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Source : franceinfo — voir l'article d'origine ↗